19/02/2020  |  5308 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 18/02/2020 à 13:15:36
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The Hives

+ CDO-ASS
Elysée Montmartre (Paris)
dimanche 17 octobre 2004

Depuis le temps qu’on les attendait, ceux là…
Faut dire que depuis le carton du single Hate to say I told you so, et la sortie au Royaume-Uni sur Poptones (le nouveau label d’Alan McGee (Creation)), de Your New Favourite Band, une compilation de leurs exploits discographiques (Barely Legal (1997) et Veni Vidi Vicious (2000)), les Hives avaient privilégié des marchés beaucoup plus lucratifs que l’Hexagone…
On peut les comprendre, d’ailleurs, puisque leur dernier passage à Paris (le 10 décembre 2000, dans cette même salle) avait été un « four », comme le dira dans la soirée un Howlin' Pelle Almquist revanchard (le concert se joue cette fois-ci à guichets fermés) : « We played here two years ago (ndlr : en fait, presque 4 ans) with The Hellacopters… and you weren’t here ! ».
Signés l’an dernier sur une major (Interscope, label Universal), après un retentissante passe d’armes avec Burning Heart, épatant label indé, beaucoup attendaient les Hives au tournant.
On voyait donc ressurgir régulièrement des rumeurs, invérifiables, les affublant de l'étiquette de boys-band garage : le groupe aurait été recruté sur casting. (en France, on se « tape » Steve Estatof, cherchez l’erreur !)).
Tyrannosaurus Hives est venu remettre cet été les pendules à l’heure : les Hives, s’ils ne sont nullement révolutionnaires, savent parfaitement composer de petites bombinettes rock’n’roll (à l'instar de Walk idiot walk, impeccable premier extrait), à même de faire se remuer tous les dancefloors de la terre. Et c'est même bien tout ce qu'on leur demande. On voulait en avoir confirmation sur scène.

20h30. Après une première partie fort dispensable assurée par leurs compatriotes de CDO-ASS (on retiendra seulement leur étonnante cover de Transmission (Joy Division)), les lumières s’éteignent et le moment tant attendu arrive : un néon rouge s’éclaire, renvoyant, en lettres de sang stylisées, The Hives.
Les suédois font alors leur entrée sur scène, dans de belles tenues immaculées: costards, lavallières (ndlr : cravates souples, nouées en deux larges boucles) et guêtres blanches, chemises noires. (mêmes tenues que sur la photo)
Ni une, ni deux, ça démarre sur les chapeaux de roue avec Abra cadaver (titre ouvrant également leur dernier album), ça enchaîne aussi vite, et déjà les premiers rangs (et guère plus, public parisien oblige) ne se tiennent plus, gesticulant à tout va pour marquer leur contentement.
Le show, filmé avec pas mal de moyens, se déroule à 100 à l’heure, seulement interrompu par un chanteur un poil bavard : démonstration de sa « maîtrise » de la langue de Voltaire (« Vive les Hives ! », « Vive la France ! », « Je t’aime », « A tout à l’heure ( ?) »), autopromotion (oui, oui, on sait M. Almquist, qu’un nouvel album est sorti…), cabotinages divers…
Quelques « Ta gueule ! » fleurissent ça et là, mais le frontman n’y pige « couic » : il continue comme si de rien n'était à polluer de vaines logorrhées un show pourtant impeccable.
Main Offender est l’occasion de voir l’Elysée Montmartre enfin se lâcher; on attend, en vain, la montée sur scène de Didier Wampas pour le très rockab’ A Little More For Little You, titre qui ne dépareillerait pas du répertoire du plus célèbre employé de la RATP : Almquist ne nous en propose en retour qu’une pale imitation (seule la voix sonne aussi faux – tout au long du set, d’ailleurs), en s’avançant à peine vers les premiers rangs, reculant dès que des mains trop pressantes viennent « caresser » son costard classieux.
Les musiciens (Nicholaus Arson et Vigilante Carlstroem aux guitares, Chris Dangerous à la batterie et Dr Matt Destruction à la basse) tombent l'un après l'autre leur veste, dans une Elysée Montmartre devenue tropicale et délivrent, en nage, quelques autres savoureux moments (Hate to say I told you so, ou Diabolic Scheme, titre sur lequel ils s’interrompent, devenant quelques instants d’impeccables poupées de cire)…
Poupées de « C-O-N », ils le seront au final, en concluant avec un A.K.A I-D-I-O-T dantesque.
1h et des poussières : court mais intense. On attend maintenant la diffusion sur le cable : pour sûr, on ressortira moins détrempé de son sofa que de l’Elysée Montmartre !


www.hivesmusic.com
www.cdoass.com

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 18/10/2004

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