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Neurotic Swingers

Halle de Lescudilliers (Aurillac)
samedi 23 octobre 2004

Pour une fois que les terrifiants Neurotic Swingers passaient à moins de quatre heures de route de chez nous, nous étions « obligés » d’aller assister à leur prestation à la Halle de Lescudilliers en tête d’affiche du Big Jama, un dispositif régional permettant à de jeunes groupes de faire leurs premières armes sur scène… Malgré le caractère assez sordide de cette ancienne halle rénovée (où Mickey 3d et Superbus se sont produits, entre autres), donnant la désagréable impression d’assister à un bal du samedi soir, les quatre Marseillais ont réussi à faire décoller la soirée, ce qui n’était pas gagné d’avance.

S’ils prennent la pose rock ‘n roll dès qu’ils en ont la possibilité (c’est à dire tout le temps… ), les quatre musiciens ont d’abord pris soin de maîtriser leur sujet en amont : dans leur local de répétition, ils composent un punk ‘n roll servi rapidement et très chaud, comme sur leur supersonique album ArtRats… Avant de penser à relever à chaque occasion leurs cols de chemises (ouvertes), les guitaristes décochent une série de riffs/solos/uppercuts flamboyants (parfois debout sur la grosse caisse de la batterie), le bassiste/chanteur au regard fou dégueule consciencieusement dans son micro en assurant une ligne de basse remuante, enfin, derrière ses camardes, un teigneux ultra énervé s’emploie à cogner comme un sourd ses peaux. Vous l’aurez compris, les Neurotic Swingers n’ont pas fait le voyage à Aurillac pour rien, ils comptent bien plier l’affaire vite fait, et regagner leurs loges pour se défoncer la tronche et honorer leurs groupies au plus vite… Sex and drugs and rock ‘n roll, quoi (même s’ils crient avec conviction - mais ironiquement ? - « I just wanna get straight now »)... Ces jeunes gens biens sous tous rapports (sauf pour l’office catholique) sont tellement dans leur trip « punk 77 vociféré en anglais » que le chanteur dit « Merci beaucoup » avec un accent anglais, sans doute une conséquence de leur récente tournée américaine de seize dates…

On aurait préféré les voir dans un petit club déjanté mais même dans ce lieu peu propice, les Neurotic Swingers ont réussi à galvaniser leur public, peu démonstratif pourtant au départ. Si au début les applaudissements sont polis, au fur et à mesure que les titres se succèdent pied au plancher et jambes écartées, la foule s’énerve, hurle et essaie même de jouer sur la guitare de Pascal… Quand on se prend en pleine tronche Girl in a broken car, Party killer, I’m just losing my soul, Go back home ou tout autre titre, il est difficile de ne pas succomber à une danse de Saint-Gui hystérique… Après avoir joué l’intro de Pretty Vacant des Sex Pistols et repris Nineteen des Dogs de Dominique Laboubée (donnant ainsi quelques pistes sur leurs influences), les Neurotics Swingers rejouent une partie de leur set en rappel devant un public enfin énergique… puis bouclent leur concert en 50 minutes chrono. C’était court mais bon.


www.chez.com/lollipoprecords/
www.chez.com/neuroticswingers/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 27/10/2004

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