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Don Nino

+ Gravenhurst
+ The Konki Duet
Café de la Danse (Paris)
mercredi 27 octobre 2004

The Konki Duet, du jeune folk vieillot chez Active Supension, exquise crémerie de notre cher Hexagone. Trois fille(ttes)s pour de la pop à l’état embryonnaire. Cliquetis, petites voix haut perchées, bribes de guitare et violon plaintif qui pervertit le minuscule édifice ainsi bâti. Idéale introduction à cette inauguratrice soirée parisienne pour le festival « Musiques volantes ». Arpèges échappés de l’enregistrement andalou d’Homogenic, reprise chirugicale miniature du tube frigo Fade to grey, ou là une trompette sans âge qui nous téléportait illico sur le Titanic, quelques heures avant naufrage. Le décorum était plus minimaliste encore que leur comptines trouées, trois chaises et une table pour le synthé de fortune rapiécé par l’oncle bricolo. Un peu figé ceci dit. Une cité des petites filles perdues où il faisait bon de se perdre. De l’électro pour une petite sieste dans un bain amniotique.

Pour Gravenhurst, ce fut plutôt l’option soporifique. Nick Talbot, du folk tout simple nappé d’électro ou de boucles de guitares. Mais ce chanté protestant lassait. Il ne suffit pas de faire de magnifiques chansons larmoyantes à la Nick Drake, Tim Buckley et compagnie. En ces mêmes lieux, Bill Callahan faisait swinguer son (Smog) et chavirer les cœurs. Bon, il nous faisait le coup de la reprise du tube imparable, Diane d’Husker Dü, en version pauvre brise cœur. Penser aux exquis Hederos et Hellberg qui avaient fait des miracles de saison hivernale.

Qu’importe, le petit marquis Don Nino allait réconcilier tout le monde. Un batteur affairé, Jean-Michel Pires (Headphone), un bassiste concerné, Stéphane G. (Pocket), un pianiste attentif, Etienne Foyer (Dragibus) et Benoît R. (Ben's Symphonic Orchestra), épaulent avantageusement le dandy Nicolas Laureau, très Katerine en plus discret ce soir. Il ressemble à Pete Doherty, c’est incontestable, avec moins de cheveux, plus de prestance et la même auréole. La configuration scénique rappelle Headphone, justement. Une sorte de cabaret intime d’avant-guerre avec des guitares électro-acoustiques. Trois guitares, deux paires de maracas et une voix somptueuse confirment qu’il n’y a pas besoin de beaucoup pour réussir un morceau. L’ensemble forme un Bed moins transparent, un collectif jazzy chaleureux, des Tindersticks avec la classe mais sans la morgue. Une savante construction produit des plages très élaborées, érudit laborantin en plage déserte. Pas étonnant que ce soit aussi magnifique, à mon avis très peu d’impro dans l’histoire. Ils font même les malins en New Order : Elegia joué piano-bar, groupe banjo néon amical. Les tentures violettes et le mur rouge en fond semblent judicieusement appropriés pour ce spleen nostalgique. Entre Robert Wyatt et Birthday Party, ne pas choisir, proposer la new wave froide et le rock familier. Et en rappel, un ancien morceau ressurgissait et éblouissait par sa science des sons.


www.prohibitedrecords.com/html/don0.html
www.silentagerecords.co.uk/gravenhurst
www.thekonkiduet.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 28/10/2004

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