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Franz Ferdinand

+ The Kills
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mercredi 3 novembre 2004

Fort heureusement prévenu à temps que le concert annoncé à 20 h 30 allait en fait débuter à 20 h (au mépris total du public et du groupe assurant la première partie), nous arrivons à l’heure dite en croisant dans la rue moult camions et bus de tournée. Tout ça pour deux groupes et six musiciens : les choses ont vraiment avancé à la vitesse grand V pour Franz Ferdinand depuis la sortie de leur premier disque en février 2004…

« Fuck the people of America ! »

Devant une salle qui se remplit doucement (mais sûrement), le groupe américain The Kills débute finalement son concert à 20 h 15 après une petit speech de la chanteuse exprimant son immense désarroi après la victoire du désastreux George W. Bush. Le faciès toujours aussi creusé par les excès en tous genres, la sombre jeune femme arbore même un t-shirt sur lequel s'affiche un « Kill him » sans équivoque… La fameuse chanson Fuck the people est même dédicacée au peuple américain, coupable d’avoir réélu qui vous savez. La volonté d’en découdre de VV et Hotel, les deux membres des Kills, est donc manifeste ! Et cela donne un concert hargneux, tranchant et ultra violent, peut être encore plus puissant qu’à la Route du Rock cet été, où le power duo avait déjà fait très forte impression. Une guitare sonnant hyper crade, une boite à rythme assurant le minimum syndical, un chant vociféré avec conviction et le tour est joué : cette journée merdique devient mémorable grâce à une série de morceaux secs, basiques, sans une once de gras. Rien de nouveau là dedans, mais du rock servi les dents et la gorge serrées avec la rage d’une Lou Reed ou d’un John Cale répétant à la Factory… Ce couple à la scène comme à la ville délivre une violente décharge de sexe, de révolte et de haine ; les concerts des Kills sont véritablement d’une rare intensité.

Franz Ferdinand triomphe, encore une fois

Même si on sent que tout est parfaitement huilé et que l’improvisation n’a pas sa place, le méga show de Franz Ferdinand fait toujours un effet considérable, que ce soit la première fois ou la deuxième fois (voire la troisième, quatrième etc) qu’on le voie… Les morceaux composés par Alex Kapranos et Nick McCarthy - deux divins et survoltés guitaristes/chanteurs - provoquent inévitablement une envie de danser en hurlant sa joie. C’est normal, c’est fait pour… Franz Ferdinand possède un enthousiasme, un sens du spectacle et une énergie peu communs, les salles de concert du monde entier en ont fait l’expérience réjouissante. Que ce soit dans une salle de 1500 personnes gonflées à bloc comme la Coopérative de Mai ou devant 15000 fans hystériques aux Eurockéennes à Belfort 2004, la magie opère dès les premières notes de Michael et ne retombe pas, même avec les nouveaux morceaux (This boy et I’m your villain, dans la lignée de leurs prédécesseurs), les faces B ou la reprise d’un obscur groupe écossais (Use me).

Un sens inné du gimmick qui tue et rend complément fou

Le seul véritable reproche que l’on puisse faire au groupe de Glasgow, c’est le surmixage de la basse (ah, les aléas de la sonorisation !) et une attitude de triomphateurs parfois une peu mécanique. Sinon, même si on les a déjà entendus des dizaines de fois, Matinee, Darts of pleasure, Take me out ou encore Tell her tonight, This fire ou Jacqueline surprennent encore et toujours par leur incroyable puissance, les multiples riffs accrocheurs dont ils sont truffés et leurs parties vocales aussi travaillées que parfaitement exécutées. On pense très fort aux Beatles, aux Talking Heads et à David Byrne, à Joy Division et à Ian Curtis, à Wire et à Gang of four mais c'est bien la touche Franz Ferdinand qui fait la différence et emporte immanquablement l’adhésion. Les quatre garçons parfaitement lookès ont en effet un sens inné du gimmick - de guitare, de claviers ou de basse - qui tue et rend complément fou. Joué de manière plus musclée sur scène, leur mélange de disco punk, de rock arty et de pop synthétique classe, est tout simplement imparable. On a hâte d’entendre ce que les quatre Ecossais dans la tourmente du succès vont enregistrer après la fin de leur tournée ; le don qu’ils possèdent pour trousser des hits va-t-il encore se manifester de manière aussi éclatante à l’avenir ?

A consulter également : les comptes-rendus des concerts de Franz Ferdinand à Belfort en juillet 2004 et The Kills à la Route du rock en août 2004, ainsi que les chroniques des disques des deux groupes : Franz Ferdinand et Keep on your mean side .

(Photo Jean-Pascal Blache à Belfort, en juillet 2004)


www.franzferdinand.co.uk
www.thekills.tv


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 08/11/2004

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