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Alain Bashung
Eglise (Tourzel-Ronzières (63))
vendredi 5 novembre 2004
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Retour aux sources des Grands espaces
En homme de parole sachant se montrer reconnaissant, Alain Bashung était de retour dans le village de Tourzel-Ronzières (Puy-de-Dôme) pour inaugurer le Moulin des Volontaires, le lieu de résidence où La Tournée des grands espaces a pris forme en août 2003. Touché par l’accueil chaleureux des habitants de ce superbe bourg, Alain Bashung en a également profité pour leur offrir un concert gratuit dans l’église du village.
Recueillement et ferveur dans l’église
Nous nous retrouvons donc dans cet édifice insolite pour assister à un concert vraiment très particulier. Pour permettre aux personnes âgées de profiter pleinement du spectacle, quelques rangées de chaises on tété disposées devant la crypte/scène éclairée par des bougies ; derrière, la foule se presse, debout et impatiente d’assister à un moment d’exception… Quand Alain Bashung fait son entrée en compagnie de sa femme Chloé Mons puis de ses musiciens (sans batteur), on pressent que cela va être une expérience incroyable. Au premier rang des personnes debout, Bashung en face à quelques mètres, l’impression délicieuse d’assister à un concert ultra privé se fait jour : Le cantique des cantiques est interprété dans sa version longue (27 minutes) par Chloé et Alain, pour nous seuls. Malgré la longueur du morceau et la fatigue dûe à l’attente immobile, ces instants se révèlent magiques. Dans un état de demi sommeil, la solennité de l’endroit et le texte de La Bible (finalement assez chaud ; ça tombe bien, Madame Bashung est habillée en tenue très légère) contribuent à donner un côté onirique à cette lecture… Un tonnerre d’applaudissements accueille la fin du morceau.
Des instants à part
Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, le groupe au grand complet enchaînant avec un set superbe. Comme la veille sur la grande scène de la Coopé, Bashung joue Angora tout seul. Dans ce cadre ultra intime, c’est encore plus touchant. On reconnaît aussi La nuit je mens, que l’on fredonne dévasté par l’émotion. Et cela ne semble pas devoir connaître de fin : les morceaux A perte de vue, Aucun express, Madame rêve puis Elvire en final audacieux, sont également interprétés par Bashung et son impeccable troupe (où toutefois le guitariste Yan Péchin gagnerait à être plus sobre dans sa gestuelle - souvent trop démonstrative). Le public regagne la sortie enchanté et convaincu d’avoir participé à un spectacle à part. On regrette seulement que le titre qui a donné son nom au moulin - Volontaire, signé Serge Gainsbourg -, n’ait pas été joué et… que le rêve ne se soit pas prolongé toute la nuit.
L’histoire du Moulin des Volontaires ne fait que commencer
Bashung ressort grandi de ce cadeau offert à Tourzel-Ronzières, il a prouvé qu’il savait renvoyer l’ascenseur en toute simplicité, lui qui paraît souvent inaccessible, renfermé et surprotégé par son entourage. Cette histoire est loin d’être finie, puisque Le Moulin des Volontaires va désormais voir se succéder en ses murs des artistes désireux de trouver un peu de quiétude pour répéter une tournée ou préparer un disque. Depuis cette semaine, c’est Dionysos qui est au travail à Tourzel-Ronzières pour donner un successeur à Western sous la neige… ça promet !
(Photo Dominique Gonzalèz Foerster)
alainbashung.artistes.universalmusic.fr/
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auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 11/11/2004
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