29/03/2020  |  5333 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 28/03/2020 à 15:36:48
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Jean-Louis Murat

Café de la Danse (Paris)
lundi 22 et mardi 23 novembre 2004

Jean-Louis Murat, rock et sensuel en diable à Paris

Le concert très réussi de Jean-Louis Murat au Théâtre d’Aurillac le 22 octobre 2004 a pleinement répondu à nos attentes, mais devant tant de classe à l’état pur (le choix des morceaux, leur interprétation), le désir de voir une autre étape de cette tournée est apparu… Le seul petit manque pour la tournée en province était l’absence de l’irrésistible et mystérieuse Jennifer Charles, celle-là même qui illumine de sa voix suave le très bel album commun de Jean-Louis Murat et Fred Jimenez, A bird on a poire. La petite idée derrière la tête nous a donc suivis jusqu’à Paris, au Café de la Danse les 23 et 24 novembre, où Murat présentait son nouvel opus aux Parisiens amoureux de sa chanson à la fois délicatement pop et puissamment rock, accompagné par les irremplaçables Fred Jimenez et Stéphane Reynaud (renforcés pour l’occasion par la très attendue Jennifer Charles au chant et par Albin de la Simone à l’orgue Wurlitzer et au piano).

Première partie : un véritable best of de Murat en liberté dans son répertoire

Le début du concert est similaire à ce qui nous avait déjà époustouflé une première fois, un mois plus tôt : JLM et ses talentueux acolytes interprètent une série de morceaux extraits du divin Parfum d’acacia au jardin, du Moujik et sa femme et de Lilith (magique Zibeline Tang), plus des versions à tomber à la renverse de titres plus anciens : Margot, Sentiment nouveau, Le lien défait et Terres de France. Certes, Murat est beaucoup moins loquace et blagueur qu’« à domicile » mais comment pourrait-on lui reprocher quoi que ce soit quand il chante avec autant de cœur des textes aussi beaux ? Le public ne lui tient d’ailleurs par rigueur de cette froideur relative et l’acclame dès qu’il en a la possibilité…

La foule parisienne se lance dans des « Do it, do it, ahhhhhhhhh ! » lascifs

Sur Foule romaine, Murat se décontracte un peu et invite son auditoire (n’ayant pas peur d’être éclaboussé d’amour et réagissant à la moindre alerte bleue) à faire de petits cris d’extase chaque fois qu’il le stimule par des déhanchements suggestifs… Le premier soir, grâce à un public facétieux, l’exercice se révèle hilarant ; le lendemain, la réponse est plus discrète, permettant ainsi d’apprécier pleinement cette chanson admirablement écrite. Le deuxième soir, l’assistance semble parfois un peu apathique - en clair : moins réceptive et chaleureuse -, aussi aura-t-elle droit à quelques piques (« N’allez pas vous faire une tendinite en tapant dans vos mains » - sur L’au-delà) et à une imitation de Julio Iglesias (le texte de Vous les femmes entremêlé avec celui de Monsieur craindrait les demoiselles), pour détendre l’atmosphère. Ce n’est un secret pour personne, l’homme sait être aussi grinçant que drôle…

Jennifer Charles apparaît et met le public face à la beauté…

Puis le grand moment arrive : Murat regagne les loges, pour mieux revenir sur la scène couverte de pétales de roses avec Jennifer à son bras… Les deux soirs, la belle portent des tenues super sexy, la robe ultra moulante (et décolletée) de la deuxième soirée ayant notre préférence… On se demande même comment Murat fait pour se concentrer avec une jeune femme aussi langoureuse à ses côtés, car - en plus - elle est amenée à lui susurrer des mots d’amour en chanson, tout en souriant ou en esquissant des moues boudeuses absolument craquantes. Toujours est-il que nos deux amis - accompagnés par un sobre Albin de la Simone en plus de la rythmique habituelle -, délivrent des versions aussi émouvantes que chaudes de nombreux titres de Bird on a poire (la chanson titre, Petite luge et Elle était venue de Californie étant nos trois préférés). Tout ceci est joliment chanté en duo sur des musiques aux mélodies lumineuses et aériennes ; dans cet écrin musical très classe, la complicité entre Jean-Louis et Jennifer saute aux yeux ! Pendant ces minutes précieuses, toute la salle est au paradis de la pop anglaise des années 60… Aussi bien sur scène que dans le public, tout le monde est aux anges devant ces chansons sensuelles particulièrement indiquées pour une écoute en galante compagnie dans une alcôve… A la fin de la partie du concert dévolue à Bird on a poire, le but est atteint : on a très envie de réécouter le dernier disque de JLM (ou de l’acheter si ce n’est déjà fait).

2 h 10 de spectacle avant de gagner la sortie, particulièrement en joie

Sur cette tournée, Murat ne plaint pas sa peine, il reviendra donc deux fois pour une version rock du Cri du papillon suivie par une chanson coquine chantée par Jennifer - seule et concentrée - (Monsieur craindrait les demoiselles), avant qu’une version presque tribale des Jours de Jaguar ne vienne mettre tout le monde d’accord : ce spectacle constitue un grand moment. Qui ne prendra fin définitivement qu’après l’interprétation de Gagner l’aéroport ; décidément, le public est gâté ! Le deuxième soir, Murat déclamera le texte de cette dernière chanson sur la musique des Jours du Jaguar, parce qu’il le sentait comme ça… Certains réclament déjà un dvd live de cette tournée automnale couronnée de succès, on n’est pas loin de penser qu’ils ont raison.


www.jlmurat.com
www.labels.tm.fr

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 26/11/2004

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