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David Eugene Edwards (Woven Hand)

L'Européen (Paris)
dimanche 28 novembre 2004

Sans surprise, David Eugene Edwards a donné un concert ensorcelant à L’Européen (Paris), un petit théâtre permettant une intimité bienvenue avec les artistes. Le chanteur de Sixteen Horsepower a présenté avec foi au nombreux public les morceaux de son projet solo Woven Hand, seulement accompagné par un batteur sachant aussi bien cogner sèchement que caresser ses fûts avec des balais…

Toutes les conditions sont donc réunies pour passer une soirée envoûtante : un répertoire saisissant entre country, folk, blues et rock, des musiciens doués et un chanteur doté d’une voix et d’une présence impressionnantes… Malgré le peu de mots prononcés et une attitude assez inquiétante quand il semble être en transe (les yeux révulsés et les mains frappant son visage, comme pour faire acte de contrition) David Eugene Edwards a littéralement jeté un sort sur son auditoire, aussi recueilli pendant les morceaux que débordant d’enthousiasme à la fin de ceux-ci. Car, même si l’on n’est pas particulièrement croyant, les paroles tourmentées chantées d’une voix habitée (sur des musiques évocatrices, en plus) font un incroyable effet. Un peu comme si l’on se retrouvait en face d’un prêcheur intelligent n’ayant pas des vues sur notre porte-monnaie ou nos voix aux élections…
L'homme étant plus que torturé, la tonalité de ses morceaux est sombre et changeante : il y a des moments de calme avec une guitare sèche ou une viole (le résultat réussi d’un accouplement entre un banjo et une mandoline), plus un sobre rythme de batterie, mais l’orage n’est jamais très loin… On sent confusément qu’il arrive, le ciel se couvre. Et quand il se déclenche enfin, il se manifeste bruyamment par des torrents de guitare électrique, et sous un déluge de batterie exaspérée. L’intensité émotionnelle qui se dégage de ce spectacle est telle que le public est cloué dans les petits sièges rouges de L’Européen, interloqué... mais sous le charme.

David Eugene Edwards se faisant malheureusement assez rare sur scène en France, on ne peut que chaudement recommander le dernier album de Woven Hand - Consider the birds - aux absents (ceux qui ont assisté à ce concert à L’Européen l’ont maintenant tous en leur possession, c’est sûr !) ; le bouleversant songwriter y confirme avec éclat son talent unique pour raconter des histoires prenant vie devant l’auditeur, grâce à l’exceptionnelle conviction du conteur/chanteur. Sur ce disque, les ambiances sont moins électriques que sur scène, ce qui n’empêche en aucune manière les morceaux d’être d’une beauté à couper le souffle… comme les performances scéniques du monsieur.

(Crédits photo : Erwin Verstappen)


www.16horsepower.com/wovenhand.html
www.glitterhouse.com
www.talitres.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/11/2004

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