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Red

+ Piers Faccini
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
jeudi 10 février 2005

Last night a rock show saved my life

Empêtré dans la morosité ambiante, laminé par un boulot fatiguant, déprimé par un hiver sans fin, exténué par des nuits sans sommeil, le concert de Red - avec Piers Faccini en première partie - qui se profilait l’horizon faisait office de lumière au bout d’un long tunnel. Et il fut effectivement une salvatrice bouffée d’oxygène et de convivialité au milieu d’un océan de noirceur. Merci donc à ces deux artistes de nous avoir mis un peu de baume au cœur… Last night a rock show saved my life

On dit que le blues panse les plaies de l’âme et c’est bel et bien ce qu’il fit une nouvelle fois par l’intermédiaire de Piers Faccini puis de Red… Dans des styles très différents l’un de l’autre, les deux songwriters ont convaincu et fait voyagé le public ; le premier, Piers Faccini, en attaquant le blues par son coté pop/folk/jazz avec une douce voix évoquant le divin Nick Drake, puis en se lançant sur les traces de Neil Young & Crazy Horse avec une guitare électrique au son délicieusement roots, voire en laissant planer le fantôme des Doors grâce à un excellent orgue Hammond, ou encore en prouvant qu’une basse jazzy n’est pas forcément soporifique. La plupart des morceaux de Piers Faccini furent donc un véritable bonheur de finesse avec des parties vocales onctueuses se posant sur des compositions empreintes de classe. L’homme - ténébreux et presque distant au début - finissant son concert tout sourire grâce à l’accueil très chaleureux et enthousiaste d’un public conquis par ses chansons.

Quant au second, le toujours surprenant Olivier Lambin (alias Red), en se la jouant ultra rock avec un chant râpeux entre Bonnie « Prince » Billy, Tom Waits et Johnny Cash, il a permis un trip sur les terres américaines balayées par des vents mauvais. Il faut dire que sa voix caverneuse et rocailleuse de vieux bluesman est parfaitement soutenue par Jérôme Escoffier, un guitariste décochant des riffs tranchants, Tonio Marinescu, un batteur comme on aimerait en voir plus souvent, et Léo Prudhomme, un clavier sachant colorer le son juste comme il faut. La puissance et la rugosité du quatuor feront merveille tout au long du set, mais la reprise très velvetienne de Smog fut tout simplement mémorable… Rien d’étonnant à cela : quand Red reprend un titre c’est souvent bouleversant, ses versions de The partisan de Leonard Cohen, The beast in me de Nick Lowe ou Road to nowhere des Talking Heads sont là pour le prouver. On le savait déjà depuis quelques temps, mais avec Red on tient un artiste de calibre international ; ses collaborations répétées avec Will Oldham ne sont vraiment pas le fruit du hasard.

Malgré leurs différences, Piers Faccini et Red trouveront finalement un « terrain d’entente » en reprenant chacun un titre du commandeur Bob Dylan : Piers Faccini magnifiera encore (s’il était possible) le superbe et toujours d’actualité Masters of War, en l’interprétant à la Nick Drake dans une version pop folk très intense. Red, quant à lui, dynamitera de l’intérieur le titre I’ll be your baby tonight pour en faire un fascinant blues rock. Si certains spectateurs sont partis avant la fin (dans quelques temps, ils le regretteront sans doute), tout simplement fatigués ou déroutés par l’aridité du propos de Red, ces deux concerts beaux à s’en relever la nuit nous empêcheront de fermer l’œil pendant de longues heures…

A lire également : une interview de Red réalisée en 2002, une chronique de sa prestation au festival de Sédières en 2004, ainsi que la critique de son avant dernier disque 33 (en attendant celle de Nothing to celebrate, son nouvel album).

(Photo Flore-Anne Roth)


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www.label-bleu.com/artist.php?lng=f&artist_id=126


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/02/2005

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