22/08/2019  |  5225 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/08/2019 à 15:09:00
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Psykick Lyrikah

+ Tepr
Point Ephémère (Paris)
samedi 12 février 2005

Fraîcheur et nuit font souvent bon ménage en ce mois de février parisien. Cela ne décourage pas pour autant les fervents découvreurs de se rendre sur le long du Canal Saint Martin pour la première excursion de Psykick Lyrikah en la capitale gauloise.

Une soirée Idwet qui prenait son temps, l’idéal pour se réchauffer avant de s’échauffer. Bon, Idwet, c’est le nom du label qui a sorti « Des Lumières sous la pluie », le disque du collectif d’origine rennaise Psykick Lyrikah, sorte de Big Dada à la française pour Clouddead en visite amicale. Idwet c’est aussi deux disques d’electronica de Robert Le Magnifique, présent aux platines et celui de TEPR, side-project d’Abstrakt Keal Agram (AKA pour aller vite).

Et Psykick Lyrikah ? La meilleure chose qui soit arrivé au hip hop français après La Rumeur. Un audacieux et novateur mélange de rock, d’électro et de hip hop, aussi intéressant que les incursions soul ou jazz de Madlib sur son label Stones Throw. Le groupe jouait à 21h30 et Tepr suivait. Mais j’étais surtout là pour les premiers. Après un bon set d’un des deux membres d’AKA, Robert Le Magnifique se glissait derrière les platines, Olivier Mellano empoignait sa guitare, et le MC Arm (sans son compère) apparaissait dans la pénombre bleutée, concentré et humble. Le son était lourd, les riffs obsédants (enfin un groupe de rap, comme AKA, qui ne se contente pas de sampler mais qui joue), la voix d’Arm un peu sombre et renfrognée mais ses lyrics, souvent repris par le public, électrisants. Psykick Lyrikah ou les scratches et un tournevis sur guitare à la Marc Sens enrichissent le terrain de jeu musical.
« Je suis l’entre deux mondes… Je suis la conscience troublée du quotidien… » Arm ne mâchait pas ses mots, il les feulait et c’en était d’autant plus troublant, surtout sur chaque finale où il marmonnait sans micro. Un peu autiste sur la piste, complètement artiste dans le texte, poète bien caché de ces temps troublés. Ce qui (d)étonne le plus, c’étaient ces riffs fantomatiques qui faisaient vraiment décoller l’assistance et planer très loin ce sain hip hop en marge, majeur. Et le mieux sans doute, pour qui connaissait les chansons, était d’avoir du mal à les reconnaître, avec leurs changement de rythmes, des beats alourdis, ralentis ou accélérés, le groupe sait déjà renouveler son son. Psykick Lyrikah, une alternative crédible aux ludico-débilitants de TTC (TouTe Connerie comprise) ?

(Photo http://www.ubu-rennes.com)


http://psykicklyrikah.free.fr/


auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 17/02/2005

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire