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The Parisians + Playground + The Bishop Invaders

Batofar (Paris)
mercredi 16 février 2005

Auréolés d’une hype sans précédent pour un groupe d’un an d’âge, les Parisians étaient attendus au tournant. D'un côté, un jeune public prêt à s’enthousiasmer pour ces Libertines en VF, de l’autre ceux que l’ascension supersonique de ces rejetons irrite tout autant qu’un Pete Doherty en couverture du NME. Ces quatre avortons n’auraient pas fait leur preuve, grilleraient les étapes à suivre. Une chose est sûre : dans le petit milieu du rock français, la jalousie coule encore plus à flot que la Kronenbourg.
Une pression palpable pour un groupe qui semble tout juste revenu d’une manif' contre la loi Fillon. Que retenir de ces trente cinq minutes de concert ? Malgré les poses shoegazing - je joue dos à la scène et je ne dis ni bonjour ni merci - le groupe cache mal sa timidité. Mais la fougue est là. Les guitares sont sèches et spartiates, la voix de branleur de Stevan Gautier accroche, les autres font leur boulot. Sur le stoogien Trust and Leather ou l’imparable Sophie, les Parisians ont tout bon. Simplicité, morve, refrain tranchant et paroles torchées : la jeunesse dans toute son arrogance.
Problème, certaines chansons se répètent. Manque de temps peut-être ? On en demande sûrement trop à un groupe qui en est encore à ses balbutiements. Mais les petits clones de Doherty et Barât adhérent déjà ; n’en déplaisent à certains, les Libertines ont redonné le goût pour un rock urgent et romantique. Les Parisians ont bien retenu la leçon. C’est déjà ça.

Les Playground prennent la suite. Pendant leur set, au Batofar, le bateau tangue. Comme leur nom de scène l’indique, les frenchies s’amusent avec un faux air de je-m’en foutiste, peut être l’attitude branchée du new-comer. Visiblement, même sur l’eau, ils sont à l’aise – près de 50 concerts à leur actif, il faut dire – et ils donnent une nouvelle définition de la Seine underground made in France.
Que dire si ce n’est une démonstration fourbe du disco rock. 1994, le nom m’évoque personnellement une des années glorieuses de la brit-pop mais que nenni, pas de pop. Cette chanson a du pouvoir sur l’assistance, elle le ranime non sans sueur. Hymne dansant, elle a aussi pour objectif de faire sauter à pieds joints mais sans la corde à sauter.
Sur Rollercoaster, les cinq camarades de jeu n’en finissent pas avec leurs solos, au point d’en oublier les spectateurs, la tension est redescendue mais ils concluent en beauté sur une frénésie punk : Hippie Song.
Dommage que les gens ne dansent pas, car je m’attendais à ce qu’ils animent le dancefloor, seul Playground ressort lessivé. The Bishop Invaders vont-ils en venir à bout ?

Le temps et les modes passent si vite. C’était donc à prévoir : la Britpop revient en force. Les gros malins de Kaiser Chiefs émoustillent déjà les charts anglais ; en France quatre garçons venus de Colombes (ville connue jusque là pour son patineur Philippe Candeloro) rendent hommage à Blur époque Modern Life is Rubbish, citent Suede et déterrent les Boo Radleys.
The Bishop Invaders clôturent la soirée devant un public clairsemé venu avant tout pour les Parisians. Beaucoup n’ont pu résister à la prestation lourdingue de Playground. Ils ont donc raté un groupe qui sait jouer une pop éclairée, quoique sans surprise. Le chanteur pianiste singe Damon Albarn tout en abordant des lunettes teintées à la Noel Gallagher, les autres membres du groupe ressemblent plus à des vendeurs de la FNAC qu’à des pop stars.
Reste donc les chansons, certaines n’ont rien à envier à leurs équivalents british. On remue gentiment sur des titres comme PassengersOne Time ou Turn it off montrent une palpable qualité d’écriture. Certains titres laissent indifférent mais l’ensemble donne envie d’approfondir la question. Les Bishop Invaders semblent jouir d’une bonne petite côte, leur premier maxi Kylie’s Heroes (uniquement disponible en vinyle) a déjà attiré la curiosité de Magic et des Inrocks. Si cet improbable revival se confirme, les Bishop Invaders pourraient rafler la mise et remettre au goût du jour le port de la chemise trop longue.

(Chronique écrite à quatre mains par Brian Flysave et Alexandre Pedro)


mapage.noos.fr/theparisians/
www.playgroundrocks.com
www.bishopinvaders.com

auteur : Sylvain Silver - sylvainsilver ate hotmail.fr
chronique publiée le 24/02/2005

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