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Matt Ward

+ Pokett
Guinguette Pirate (Paris)
mercredi 16 février 2005

Jeune et farouche, le disciple d’Howe Gelb (Cat Power faisait enfin escale à la Guinguette, qui ne demandait qu’à s’y réchauffer. Pirate dans le sens en contrebande, le nom était pour une fois pleinement justifié. Deux signes distinctifs : un bonnet enfoncé sur les oreilles et un double micro. Parfois, un léger sourire ou une œillade discrète, mais rien de trop. Une conséquence, ce songwriter timide et renfrogné renforçait la distance avec son auditoire d’un soir.
Un premier morceau, vif et tétanisant, était exécuté à la Shannon Wright, entrée en mélasse sonore. Puis une folk song venue des profondeurs et une reprise balancée de l’amie harpiste Joanna Newson. Matt Ward était tout seul, mais donnait l’impression d’être plusieurs. Sa voix, légèrement éraillée, évoquait celle d’un vieux bluesman encore jeune, et on se sentait tout de suite en territoire ami avec cette voix, ces histoires… Parfois, l’harmonica prenait le relais et on se croyait dans une planche de Crumb : un plancher en bois tanguant en guise de mansarde branlante, le banjo de Délivrance du voisin pour accompagner cette douce tristesse. Et puis une chanson sublime sur Daniel Johnston surgissait, on ne savait trop comment, Matt transcendait la nouvelle Fuel For fire, torch-song brûlante, et se retirait presque sur (a very) Sad sad song. Un bonheur country-folk instantané qu’on avait forcément envie de partager avec sa tendre moitié, surtout quand elle n’était pas là.


www.giantsand.com/mward/
pokett.free.fr/

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 25/02/2005

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