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Giant Sand

La Maroquinerie (Paris)
samedi 19 février 2005

Le grand Howe (dans tous les sens) de retour à Paris. A ne manquer pour rien au monde même pour ceux qui n’y connaissent pas grand chose à part Chore of Enchantment (2000, Thrill Jockey) et The Listener, sorti en 2003 sur le même label. Mais un retour plus appréciable encore que celui de Mark Eitzel avec son American Music Club.
Et oui, pour certains, Howe Gelb est un Dieu, pour d’autres un songwriter racé et ou un entertainer de génie. La vérité, s’il y en a une, est sans doute nichée entre ces trois propositions entre folk jazzy, rock grungy et country lancinante.

Donc le géant Howe Gelb entouré de quatre Danois chaleureux et talentueux, piochés au gré de ses visites familiales dans ce pays. Piano, pedal steel, batterie, contrebasse en instruments de base. Comme il l’annonçait, ce show fût « un rock opera ». Entamé ou presque par Moon River, ma chanson d’amour partagée (meilleure version de tous les temps, celle d’Abel Hernandez de Migala sur leur inaugural Diciembre 3 A.M.) et poursuivi par d’étranges chansons country jazz grunge, comme si c’était facile, le mélange d’Howe saisissait. Tour à tour au piano, à la guitare, les deux, l’agitateur tucsonien développait son mélange rock aux saveurs métissées.

Une chose à retenir : l’art de la reprise métamorphosée par Giant Sand. Chaque chanson est réinventée, elle évolue au fur et à mesure qu’elle est dévoilée, une note de biais suffit à transformer l’édifice en château de sable, à lui donner une tournure cow-boy de cartoon, country jazz de piano-bar. Giant Sand ou l’art étudié du contre-pied, du contretemps, du contre vents et marées. Et Howe évoquait les Cramps, vus lors de son premier séjour parisien en 1986, Minus 3, l’un de ses premiers groupes entre 1972 et 1975, balançait une sublime chanson de 1995, Leather, débutant dépouillée (tam tam, basse, guitare) et finissant enluminée (lap steel). Ou encore cette version exécutée et reproduite au sample téléphone portable avec Saholy, ex-Candy Prune de passage. Que de l’excellent à signaler. Et il y eût encore une autre heure de concert et autant de morceaux barrés, savamment (dé)construits, un émouvant hommage à son ami alter ego disparu Rainer et d’autres surprises.




www.giantsand.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 25/02/2005

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