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The Bravery

Nouveau Casino (Paris)
lundi 7 mars 2005

C’était blindé ce soir et ça nous a vraiment fait plaisir ! The Bravery, plus qu’un symptôme de saison, pourrait même nous réconcilier avec le rock, c’est dire. Moins minimalistes que les Strokes ou les défunts Libertines, qui tous deux ne se raccrochaient qu’à un wagon déterminé et daté du rock’n’roll circus, ces new-yorkais de (premier ?) choix font l’astucieuse synthèse entre les Duran Duran des débuts et le rock pêchu de Girls Against Boys, par exemple.

Trois semaines avant la sortie de leur premier album éponyme, après avoir mis à feu et à sang les tympans de la prude Albion, Sam, John, Mike, Michael et Anthony sont donc venus nous exploser les sens sur la piste de rock. Après le concert de la Boule Noire il y a pile un an, et une (supposée) harassante tournée anglaise d’un mois, le quintette concluait son périple européen par cette ultime date parisienne. Et il faisait drôlement bien ! Bon, disons tout de suite ce qui n’allait pas : l’organisation calibrée. Comme pour Electric Six (si si, vous n’avez pas oublié), c’était un concert de promotion for fans only, donc aucune première partie, une heure de show et un rappel d’un morceau. Ceci est dit.

Au fond, à droite, Anthony Bulrulcich est dissimulé derrière sa frange et ses fûts. Il abat du kilomètre en sons, l’animal. Même ligne, à gauche, un maigre sosie mods de John Lennon, John Conway, officie avec grâce aux claviers. A ma droite, le guitariste, Michael Zakarin, physiquement avantagé de son mélange des deux cons frères Gallagher. A ma gauche, le phénomène eighties, Mike H., le bassiste poseur aux yeux surlignés de noir. Et au centre, le sexe, le sang, la voix et les veines, cette voix quelle veine ! Sam Endicott, banane rocker sixties, démarche chaloupé, animalité moins affimé que Jon Spencer mais beau gaillard.

La voix légèrement affectée, les synthés sont présents mais savent aussi s’éloigner, les riffs sont brutaux, les trois guitaristes s’en donnent plus qu’à cœur joie et la batterie est franchement martiale, violente, très forte et surprenante.
Très Cure dans l’axe Bloodflowers au niveau du chant sur les morceaux calmes, psychédélisme dark tout de suite rehaussé par une section rythmique machiavélique, omniprésente sans en avoir l’air.
Mais il suffit que ce fringuant quintette frondeur enquille trois perles tubesques pour nous rendre véritablement « unconditional » de Bravery ! Et le concert de prendre une autre dimension, presque fantasmatique où les fantômes du passé se télescopent avec les futures grandes gueules à venir.
Mes amis, ce soir-là, j’au vu le futur du rock’n’roll, et sans aucune prémonition, je peux vous dire qu’il s’appelle The Bravery !

(Crédit Photo : Heidi Hartwig)


www.thebravery.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 08/03/2005

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