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Sunn O)))

Nouveau Casino (Paris)
jeudi 7 avril 2005

Nouveau Casino, jeudi 7 Avril 2005. Effacement progressif de toute notion temporelle. Tout est plongé dans le noir, ne restent plus que quelques faisceaux bleus balayant la salle et les voyants verts des immenses et terrifiants amplis allumés. Plus un geste, toute la salle hypnotisée, pas un gobelet de bière qui tombe par terre et quatre hommes entrent en scène, habillés comme des moines avec à peine quelques longues barbes qui ressortent.

Au centre, Stephen O'Malley nous fait dos, attrape sa guitare, la brandit haut, bien haut, se retourne et l'enfile religieusement. Dans la salle, dans le son déjà vibrant, les grands garçons d'1 mètre 90 et presque autant de cheveux tremblent. Ils ont raison. Sunn O))), deux morceaux, 90 minutes. De quoi donner la foi rien que pour craindre l'enfer, de quoi aimer encore plus la fille frêle un peu absente qui se mutile en classe (au supermarché, au bureau, que sais-je, de quoi sentir son bas ventre trembler autant que son coeur).

Le son est dense, définitivement palpable, inquisiteur à bien plus d'une définition. Le trouble des premières minutes, le frisson s'effacent pour laisser place à une hypnose quasiment effrayée. On aimerait bien regarder avec recul leurs mimiques, leur façon de pointer le mediator vers le ciel, de plisser les lèvres et de frapper un grand coup. Que ceux qui se marent se tapent toute la tournée en face de l'ampli basse, que ceux qui écoutent ça en sourdine avant le journal de 20 heures et qui ne sont pas là ce soir aillent au diable, ou justement pas et grand mal leur fasse.
Sunn O))), c'est très simple, c'est absolument groovy et...ça fait plus d'une heure que ton corps ne tient debout par les vibrations et que tes tympans se décollent. Ils viennent tout juste d'entamer le deuxième morceau. Tu t'avances un peu et toute sensation se retrouve décuplée. Ca y est, c'est là, tu en es sûr, tu es chez le dentiste, la fraise résonne dans la mâchoire, il n'y a plus d'anesthésique et le siège tremble franchement. Tu veux que ça s'arrête, mais en es tu bien sûr ? Tu ne sais pas comment tu as tenu mais c'est fini et tu lèves les bras en serrant les poings, en rendant hommage, en t'inclinant discrètement mais comme la moitié de la salle.

Le prochain pêché sera, il le faut, de rentrer, d'écouter les Carpenters et de balancer des lascifs "Dieu existe ouais, je le connais, il m'a fouillée jusqu'au fond avec sa basse et il s'habille en moine" à ceux qui demandent "alors, c'était comment ?".


www.southernlord.com/sunn.htm
www.nouveaucasino.net

auteur : Charlotte K - charlotte@foutraque.com
chronique publiée le 13/04/2005

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