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Troy Von Balthazar + Thee More Shallows

Guinguette Pirate (Paris)
mercredi 13 avril 2005

Troy Von Balthazar et Thee More Shallows ont permis de passer une très agréable soirée au fil de l’eau sur une Guinguette Pirate remplie jusqu’à la cale. A peine quelques mois après le mémorable concert des Clogs au même endroit, les prestations humbles, originales et enthousiasmantes du chanteur de Chokebore et de ses amis en provenance de San Francisco ont permis de plonger la tête la première dans un saisissant bonheur sonique…

Du grand Troy Von Balthazar.

C’est Troy Von Balthazar qui lance les « hostilités », en s’aidant uniquement d’une guitare électrique, d’un enregistreur pour produire des bruits bizarroïdes… et de sa voix absolument magique (à des années-lumière des hurlements sauvages qu’il pousse dans son groupe de rock électrifié). Ses morceaux sont simples, bien écrits et possèdent immanquablement une mélodie, un effet ou une trouvaille sonore qui accroche l’oreille… en plus de cette voix fascinante (on y revient car elle est vraiment très marquante). Si l’on pense assez souvent à Jeff Buckley interprétant en solo Hallelujah de Leonard Cohen sur le plateau de feu Nulle Part Ailleurs, Troy Von Balthazar compose des chansons folk pop qui portent indéniablement sa patte, celle d’un grand songwriter. C’est souvent la marque des plus grands : l’homme se présente sans artifices à son public (chaleureux et attentif), fait l’effort de parler un peu entre les morceaux, tout en n’oubliant pas de partager deux chansons avec une invitée sidérante de beauté et de classe vocale. Quand le duo mélange ses voix semblant venir des cieux avec des entrelacs de guitares aériennes, on retient son souffle de peur de rompre le charme de ces instants trop rares. La reprise inattendue de Hello sunshine et les rappels ne feront que confirmer tout le bien qu’on pense du bonhomme…

Thee More Shallows : une précieuse découverte …

C'est une troublante et fluette jeune femme qui débute le concert de Thee More Shallows en interprétant une chanson toute seule avec sa guitare trop grande pour elle. C’est très beau. La suite le sera tout autant : le groupe au complet arrive ensuite pour délivrer un set bluffant entre folk/pop planant, rock dissonant et post rock orageux, du grand art… Outre la chanteuse/choriste/guitariste/claviériste, Thee More Shallows comprend également un envoûtant guitariste/chanteur - évoluant entre Neil Young, Mark Linkous de Sparklehorse et Jason Lytle de Grandaddy - et deux multi instrumentistes doués s’échangeant avec le même bonheur, claviers, samples, basse et batterie. Rien de révolutionnaire là dedans me direz-vous, mais une jolie série de morceaux tour à tour étranges, ténébreux, recueillis ou exaspérés. La voix discrète du leader du groupe (complètement absorbé par sa musique), les chœurs divins de son acolyte, ses parties de guitares originales (évoquant Sebadoh et/ou Pavement) et les rythmiques assurées de mains de maîtres permettent de passer un moment totalement à part.

L’énorme potentiel des pourtant quasi inconnus Thee More Shallows est apparu au grand jour lors de cette soirée orientée vers la découverte, comme souvent à bord de la Guinguette Pirate. On ne peut que leur souhaiter bon vent (ainsi qu'à Troy Von Balthazar) pour la suite, ils ne devraient pas en rester là…

A lire également, la chronique du Troy Von Balthazar EP (Olympic Disk - 2004).

(Photos : Robert Gil - rgmusic@9online.fr)


www.sweetreceiver.com
www.bbalthazar.net
www.theemoreshallows.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/04/2005

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