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Jean-Louis Murat (4ème concert pour Koloko)

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 18 juin 2005

Jean-Louis Murat fait tourner à plein régime le réacteur d’émoi de ses fans à l'occasion de son concert annuel pour Koloko…

Tout auréolé des trois projets publiés cette année (les albums mélangeant somptueusement chanson, folk et rock, Moscou et 1829, sans oublier le poétiquement rigolo et sexy livre/dvd 1451), Jean-Louis Murat est revenu jouer pour l’association Clermauvergne dans un club de la Coopérative de Mai affichant complet. Cette soirée destinée à réunir le plus de fonds possible pour aider le village de Koloko (au Burkina Faso) a été une éclatante réussite à tous les niveaux. Financier tout d’abord, puisque 7300 Euros ont été récoltés, battant ainsi les records des précédentes éditions. Artistique ensuite, car Jean-Louis Murat et ses compagnons de route Fred Jimenez et Stéphane Reynaud ont offert un concert de très haut niveau au public… Et enfin, au niveau de l’ambiance générale, très conviviale : le public ne s’est pas fait prier pour chanter, applaudir et montrer sa joie d’être là pendant toute la durée du concert (plus de 2 heures), un interlude a permis à Alain Bonnefont de présenter quelques chansons bien écrites en compagnie de JLM, Christophe Pie, Jérôme Caillon et Stéphane Mikaëlian, et tout cela s’est terminé par un rappel où une fan a pu chanter quelques vers de Gagner l’aéroport en duo avec son chanteur préféré…

Si la tournée « Moscou » avait permis d’apprécier une nouvelle fois à leur juste valeur les talents du trio Murat/Jimenez/Reynaud (avec de très bonnes prestations à Issoire et Langeac, avant une apothéose parisienne au Théâtre Edouard 7 à Paris, le 18 avril), les concerts humanitaires donnés à domicile ont quelques chose de particulier, un je ne sais quoi de décontracté qui fait plaisir à voir (et à entendre). Les fans viennent à Clermont-Ferrand pour communier avec « leur » Jean-Louis, et ils repartent toujours comblés par la générosité de leur chou chou… Comment pourrait-il en être autrement en 2005 avec un tel florilège de morceaux de Moscou, Parfum d’acacia au jardin, Lilith, Le moujik et sa femme et A bird on a poire (le tout agrémenté d’une formidable reprise boogie rock du groupe de Marc Bolan, T.Rex) ? Comme le dernier album – dans la même veine que les disques récents – le laissait présager, les ambiances se font tour à tour rock (avec de belles envolées à la guitare), blues (à l’aide de riffs tranchants joués sur une Dobro), folk et chanson pop… Le moment de bravoure du show verra d’ailleurs se rejoindre toutes les influences de Monsieur Bergheaud : la chanson Jeanne la Rousse introduite et conclue par une admirable version de l’inoxydable hit de Marvin Gaye, I heard it through the grapevine, interprétée à la manière de Creedence Clearwater Revival… La ligne de basse de cette chanson magistrale est jouée à la guitare dobro par un Murat parfaitement mis sur orbite par ses deux musiciens (dont on ne se lasse pas de dire qu’ils sont exceptionnels). Grâce à des passages de ce niveau, le public semble planer de joie jusqu’aux derniers instants du désormais incontournable morceau Les jours du jaguar, qui conclut cette prestation dans un déluge de guitare saturée.

Bien sûr, on aurait apprécié un voyage plus long (même si sa durée était déjà fort raisonnable) et un Murat plus loquace, mais l’atterrissage se fait en douceur sur le très langoureux Gagner l’aéroport, joué en rappel. Avec ces paroles coquines en guise d’au-revoir : « Chacun veut que se relance l’hélice, chacun aime rêver de ça, chacun veut que les mécanos réagissent à la moindre alerte bleue… Chacun veut du réacteur d’émoi, la mise à feu pour un oui, pour un non. » Tout sourire, JLM lance alors un « A l’année prochaine ! » à son public. Qui repart comblé : il n’a semble-t-il eu aucun mal à faire tourner à plein régime ses réacteurs d’émois.

A signaler : JL Murat jouera le 26 juillet 2005 dans le cadre majestueux du Château de Sédières, en Corrèze (plus d'infos sur www.sedieres.fr).


www.jlmurat.com
www.bangbang.fr.fm
www.labels.tm.fr


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 22/06/2005

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