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Blonde Redhead

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mercredi 29 juin 2005

En août dernier, le concert de Blonde Redhead à la Route du Rock avait tourné court : le déluge s’abattant sur le festival breton avait malheureusement contraint le groupe américain à écourter sa prestation, pour des raisons de sécurité. On s’était consolé en se remémorant les moments épatants passés un mois et demi plus tôt aux Eurockéennes de Belfort en compagnie des auteurs du toujours excellent album Misery is a butterfly… Et alors que la résignation pointait le bout de son nez – il faudrait attendre un nouvel album, puis une nouvelle tournée pour pouvoir revoir ce précieux combo –, la bonne nouvelle tombe : Blonde Redhead à la Coopérative de Mai, le 29 juin 2005 !

L’accueil du public clermontois fut à la hauteur de la prestation scénique magistrale offerte par le trio mixte : un club quasi complet, des salves d’applaudissements nourris et deux énormes ovations pour réclamer la paire de rappels généreusement accordés. Blonde Redhead sur une grande scène, c’est excellent, mais dans un petit club, c’est encore mieux. La proximité avec les musiciens permet une communion quasi-totale, voire une immersion complète dans les pop songs soniques ourdies par ces extra terrestres aux voix si particulières. Le chant de Kazu Makino, la chanteuse/organiste/guitariste/bassiste, évoque en effet souvent celui d’une enfant asiatique aux cordes vocales prêtes à se briser comme du verre (à force de flirter avec les aigus), mais on pense également beaucoup aux interventions vocales de Kim Gordon (Sonic Youth) ; celui de son acolyte rappelle fortement les vocalises étranges du chanteur des Flaming Lips, Wayne Coyne. Habitée par ces voix hallucinantes, boostée par un batteur d’une finesse à peine croyable et par des samples planants, la musique de Blonde Redhead est un sidérant mélange entre une pop psyché panoramique à la Mercury Rev/Flaming Lips et les digressions bruitistes de Sonic Youth. Mais la finesse des mélodies, l’émotion à fleur de peau dégagée par les chants, les morceaux instrumentaux chaotiques et les atmosphères captivantes n’appartiennent qu’à Blonde Redhead

Après une heure et demie d’une prestation propice au voyage intérieur en apesanteur, Blonde Redhead termine son set, salue longuement et regagne les loges. Pendant le concert, la communication avec le public est minimale (après, le groupe – très simple – viendra parler avec ses fans) mais les quelques mots murmurés par un trio radieux et la musique proposée - souvent magique - permettent une connexion maximale entre l’audience et les musiciens. C’est donc avec un sourire béat et sur un petit tapis volant qu’on quitte les lieux…


www.blonde-redhead.com
4ad.com/artists/blonderedhead/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/06/2005

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