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Andrew Bird

+ Emily Loizeau
Théâtre Edouard VII (Paris)
lundi 17 octobre 2005

C’est dans le splendide théâtre parisien Edouard VII qu’Andrew Bird a décidé d’enregistrer sa prestation live. Celle-ci, une fois mise en forme et gravée sur DVD, vous sera donc accessible. D’où ce conseil : guettez sa sortie, car ce concert ne manquera pas de vous surprendre !

C’est une double affiche qui nous est proposée avec Andrew Bird et Emilie Loizeau. Et on peut aussitôt contredire cette dernière lorsqu’elle affirme malicieusement que cette soirée est réservée aux « ornithologues bilingues » !

Seule au piano, Emilie Loizeau propose de belles compositions de facture assez classique, mais parvient aussi à nous faire rire sur d’autres morceaux au ton plus léger. Dans un registre proche de Jeanne Cherhal, elle se montre donc convaincante, concluant sa prestation par une reprise de Bob Dylan.

Andrew Bird se présente, lui, accompagné d’un seul musicien : un batteur (de jazz) qui lâche parfois l'une de ses baguettes pour jouer de sa main gauche un accompagnement au piano, sans pour autant stopper sa rythmique (pourtant déjà complexe à la base !). Le décor qui les entoure est superbe : le parquet de la scène, le tapis persan accueillant la batterie, le velours rouge des rideaux encadrant l’ensemble, l’éclairage, tamisé d’une légère brume entretenue par des fumigènes, tout concourt à captiver notre attention. Quand on pense qu’exception faite de ce soir de relâche, c’est Michel Leeb qui profite du lieu, on se dit que la vie est parfois injuste !

Pour parvenir à recréer ses morceaux sur scène, Andrew Bird sample en direct les boucles qu’il joue au violon. Cela donne lieu à quelques scènes périlleuses où il passe de la guitare au violon dans la demi-seconde de répit que lui laisse la fin d’une mesure. C’est spectaculaire mais un peu déconcertant, car peu en accord avec la délicatesse que dégagent ses morceaux.

Par ailleurs, ce genre de samples à parfois l’inconvénient de hacher des titres qui ont pourtant tout ce qu’il faut pour décoller. Parfois seulement, car avec une telle voix, Andrew Bird n’a pas grand chose à craindre : il lui suffit de la laisser vagabonder à l’envie, soutenue par les différentes couches de violon préenregistrées pour donner des frissons à toute la salle. Cette virtuosité, ce besoin constant de s’évader à l’intérieur de ses propres compositions, ce talent pour jouer avec les silences n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Jeff Buckley...

Une prestation convaincante donc, qui donne envie de voir le résultat sur DVD au plus vite. Une dernière remarque cependant : sur plusieurs morceaux, une contrebasse aurait pu adoucir le son de la batterie, un peu rêche selon moi pour de telles ambiances. Peut-être une idée pour de prochains concerts ?


A lire également, un compte rendu du concert d'Andrew Bird aux Eurockéennes de Belfort 2005 et une chronique du disque d'Emily Loizeau.


www.andrewbird.net
emilyloizeau.free.fr
www.fargorecords.com


auteur : demi playmobil - demiplaymobil@foutraque.com
chronique publiée le 25/10/2005

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