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22-Pistepirkko

L'Ambassade (Toulouse)
mardi 25 octobre 2005

Ce matin encore, je me lève avec la gueule de bois et je prends une nouvelle fois la résolution d’abandonner cette vie dissolue de fan de pop-rock et de célibataire invaincu et d’endosser, une fois pour toute, les habits de l’adulte responsable que je suis censé être même si je ne sais pas ce que cela veut dire et surtout où ça me mènerait. Bercé par ces considérations existentialistes de haute volée, je ne me rendis pas compte immédiatement que j’étais arrivé à bon port, à savoir l’Ambassade, pour assister à la prestation des 22-Pistepirkko et me replonger dans un de ces concerts qui ont fait les délices de mes découvertes musicales adolescentes, celles de mes 18 ans, quand la musique était pour moi vitale et pas seulement importante comme c’est le cas aujourd’hui - et je peux vous assurer que la nuance est de taille (c'est triste à dire mais j’étais du genre à enregistrer sur cassette toutes les fameuses Black Sessions et les ré-enregistrer par dessus le marché pour ne pas entendre la voix de Lenoir, un travail titanesque et parfaitement inutile, vous en conviendrez).

En sortant de la salle, je me disais qu’il est très agréable de constater qu‘à 18 piges, bon sang on avait déjà des goût très assurés et je me demandais surtout comment j’allais vous inciter, fidèles lecteurs, à aller voir ce groupe fabuleux sur scène et découvrir derechef leurs disques trop souvent injustement ignorés. Comment expliquer que les « 22 coccinelles » n’aient pas rencontré un public grandissant au fil de leur longue carrière ? Alors bien sûr ce n‘est pas un groupe anglo-saxon et donc ils n’ont pas pu, par définition, devenir la nouvelle sensation outre-Manche à la mode. Ce groupe n’a pas eu non plus la bonne idée de ressembler au énième groupe français, à faire du sous-Noir Désir, pour la simple et bonne raison qu’ils sont « bêtement » finlandais. Par conséquent, la rencontre avec le grand public ne s’est jamais produite, même si un noyau dur de fans acharnés suivent avec une attention toute particulière le groupe depuis leur troisième album, le bien nommé Bare Bone Nest sorti en 1989, album culte et inclassable, une espèce de blues-rock complètement barré qui prendrait ses racines dans le Bayou et la Voodoo Music de la Nouvelle-Orléans pour mieux s’élever dans des cieux musicaux totalement originaux et qui échappe à toute tentative d’étiquetage ou classement connus. Pour résumer, les 22-Pistepirkko, ça serait un peu le Blues rachitique de Leadbelly joué par des extraterrestres nordiques.

Ce soir là, le combo finlandais avait convoqué sur scène les fantômes du Gun Club période Miami, l’univers poisseux des Rolling Stones époque Exile on Main Sreet, par moment les Stooges ou les Who et surtout les Small Faces (pour les synthés vintage et les instrumentaux endiablés) mais aussi Neil Young (pour la voix enfantine du chanteur P-K) sans que ces références ultimes ne viennent les écraser, bien au contraire. Alors, oui le groupe a un peu vieilli et ne nous délivre plus les shows apocalyptiques de la grande époque de Big Lupu, leur chef d’œuvre de 1993, mais la passion et l’envie d’en découdre sont toujours intactes. Et puis, il faut reconnaître que chanter à tue-tête les tubes comme Frankestein ou Save my soul et retrouver pour l’occasion ses guiboles de vingt ans a quelque chose de rafraîchissant. S’ils passent près de chez vous, ne manquez surtout pas le swamp-rock azimuté des 22-Pistepirkko, vous passeriez à côté d’un groupe inestimable.


www.22-pistepirkko.net

auteur : Jérominus - jerominus@foutraque.com
chronique publiée le 06/11/2005

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