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The Rakes

+ Asyl
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 5 novembre 2005

The Rakes vainqueurs par KO après 50 minutes de combat rock

Des concerts coup de poing comme celui donné par le groupe anglais The Rakes à la Coopérative de Mai, le samedi 5 novembre 2005, on en redemande ! En 50 minutes chrono et 16 titres (dont autant de tubes !), les quatre Londoniens ont littéralement mis à genoux le public, saoulé par les coups répétés portés à la tête et aux jambes… Pas très fair play certes, mais bien agréable, cette implacable déferlante de guitare/basse/batterie/voix. Littéralement saisi par des déflagrations punk, rock et pop du niveau de Terror !, 22 Grand job, Work work work (pub, club, sleep), Strasbourg ou encore We are all animals, le public se transforme dès les premiers instants du concert en cobayes de laboratoire, véritables machines à danser et à sourire… Aucun temps morts, pas une seule baisse de régime (même les inédits, au nombre de cinq, sont imparables) : du hit post punk original enchaîné avec maestria par un impeccable combo, content de jouer et ravi de l’accueil enthousiaste du public.

On peut boire une bière tranquille, oui ?

Que demander de plus ? Pouvoir boire une bière tranquillement ! C’est impossible messieurs dames : avec l’énergie déployée sur scène, on ne peut s’arrêter de trépigner comme un marsupilami sous ecsta, de sauter en l’air, voire de tenter des chorégraphies New Wave. Et forcément, on se déverse la moitié du précieux liquide sur les vêtements… Ah, c’est malin ! Peu importe finalement, car la très agréable impression d’être téléporté aux Bains Douches, à Paris en 1979 pour un concert de Joy Division est plutôt bienvenue ! Il faut dire que le classieux chanteur Alan Donohoe se fait fort de ressusciter Ian Curtis avec cette voix aussi puissante que tragique et ces danses frénético épileptiques… On pourrait aussi se croire au CBGB à New York à la même époque avec les Talking Heads sur scène, tant les petits camarades de jeu du chanteur - qui emprunte aussi beaucoup au génial David Byrne - sont doués pour bâtir de violents hymnes de Psycho killers (qu’est ce que c’est ?). Revue des effectifs… On trouve de gauche à droite en regardant la scène : Matthew Swinnerton, un guitariste tout simplement divin (pour qui aime aussi bien les redoutables Wire que les insurpassables Clash) se cachant sous les traits d’un prof de maths à lunettes, Jamie Hornsmith, un gamin boudeur épatant à la basse, et Lasse Petersen, un sosie d’Alex Kapranos de Franz Ferdinand n’hésitant pas à ruiner sa mèche à force de suer en giflant sa batterie. Comme la troupe, parfaitement au taquet, sait aussi se faire plus pop en évoquant les Dexy’s Mindnigt Runners de Kevin Rowlands mais également Pulp, on finit aussi épuisé après 50 minutes de show que lors de certains concerts de 2 heures. Quand le groupe quitte la scène après un rappel, on aimerait faire comme Jean-Louis Brossard aux Trans Musicales 2004 : les repousser sur scène pour leur en demander plus. Mais ce ne serait raisonnable ni pour leur santé, vu l’énergie que demandent leurs titres, ni pour la notre d’ailleurs…

Les progrès d’Asyl en guise de Warm-Up

Car avant les chaudement recommandés et tuants The Rakes, il y avait eu une première partie assez virulente assurée par le groupe rochelais Asyl. On se souvenait de concerts pas très convaincants au festival les Efferv’Essonne et en première partie de grabataires nommés The Stranglers ; et bien depuis, le groupe a effectué des progrès notables. Car ça joue désormais vite, fort et bien : mention particulière au guitariste énervé roi du riff tsunami, au batteur aussi sec que méchant et au percutant bassiste. Grâce à l’énergie déployée par le combo, la plupart des morceaux tiennent la route. Ça se reconnaît à un signe qui ne trompe pas : cette irrépressible envie de taper du pied comme un maniaque. Comme sur le remuant titre 1975 (extrait du premier EP), joué en ouverture : un véritable tube où le chanteur s’exprime en anglais. Après, le chant (principalement en français) se gâte un peu, à une ou deux exceptions près ; les textes sont trop "clichés adolescents" et la voix manque de mordant, on dirait du Nicola Sirkis. Ouch ! C’est dommage car en se lâchant plus dans le micro, c'est à dire en hurlant comme un damné, voire en rajoutant un effet distordu sur la voix, tout en évitant les poses un peu risibles (sans doute dues au trac) et les blagues foireuses, tout cela pourrait être excellent… Il reste néanmoins une poignée de tubes potentiels traversés par des guitares post punk tranchantes (la rencontre en studio avec Andy Gill du Gang Of Four semble avoir porté ses fruits) et boostés par des rythmiques hystériques. A suivre sur le premier album à venir, pour se faire une idée plus précise du potentiel d’Asyl

A lire également, la critique du premier album de The Rakes, Capture/Release.


www.therakes.co.uk
www.v2.fr
www.asyl.fr


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 07/11/2005

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