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Bob Dylan

Galaxie (Metz-Amneville)
vendredi 4 novembre 2005

C’est avec un peu d’appréhension que je traversais la France pour aller voir Dylan à Amnéville. Je restais en effet sur une impression de fin de règne après la prestation à laquelle j’avais assisté à Dublin en 2003. Arrivé en fin de journée dans le parc de Coulanges, complexe composé du Galaxie (sorte de Zénith), d’un casino, d’un zoo, et d’hôtels pour curistes…
Le temps de me relaxer, et j’étais en route pour la salle. Le public est très hétéroclite : des étudiants, des intellos de tous âges, des rockers sur le retour, des familles bien sous tous rapports. Ça doit être ça, le public d’un artiste « populaire ».
Une fois n’est pas coutume, il s’agissait d’un concert assis, ma place étant située dans le parterre vers le fond de la salle. Mes voisins, arrivés avec leurs sandwiches et leurs bonnes blagues, ne laissaient pas présager une ambiance adéquate pour la suite. Au moment où le groupe est arrivé, des centaines de spectateurs se sont rués vers le devant de la scène, et je les ai très vite imités pour avoir une meilleure vue et une ambiance plus propice à un concert de Dylan.

Le concert débute par To be alone with you et la voix de Dylan est meilleure que prévu. Même si elle est erraillée (et ça ne s’arrangera pas avec les années), il a adapté son phrasé de façon à ne plus chanter comme s’il venait de courir trois bornes, et il a toujours sa voix nasillarde si détestée par certains. Une bonne version de The Times they are a-changin’ suit, avec un solo d’harmonica, par contre à peine qualifiable de solo tellement il n’utilise qu’un trou, aspiré et soufflé. Mais il se reprendra par la suite, alors on lui pardonne.
Son groupe, vêtu de costards gris, est carré, mais pas débordant de talent : les solos sont contenus et le volume reste limité, sans doute pour mettre en avant la voix de Dylan. Lui est concentré sur son clavier (il ne joue plus de guitare sur scène depuis quelques années), et il s’applique pour délivrer ses rimes et les rendre toujours vivantes après toutes ces années.
Highway 61 reste un morceau puissant, que le groupe exécute avec beaucoup de conviction, et sur lequel il se lâche un peu plus. Et sur les morceaux acoustiques avec contrebasse, on retrouve le songwriter capable de mettre les sentiments en chansons comme personne, que ce soit l’amour ou la haine. A ce titre, Shelter from the storm, était un moment magique, d’autant plus que la chanson fut interprétée dans son intégralité.
Avec Down along the cove, on revient à ce que Dylan est aujourd’hui. Il a consommé et digéré les racines du folk américain (le blues, la country, le bluegrass), les a mélangés avec le rock’n roll puis avec le rock en général, et il nous sert tout ces ingrédients sur un plateau.
Pour certains c’est un festin, pour d’autres c’est indigeste, il faut choisir son camp. Pour ma part, cette version m’a beaucoup plu. Par contre les deux morceaux suivants, Make you feel my love et Tweedle dee étaient un peu ennuyeux, et ont un peu plombé l’ambiance. D’ailleurs le Chimes of freedom qui suit n’aura pas l’impact qu’il mérite. Mais avec Summer days on termine le set sur une note enthousiaste et électrique, renforcée par la lap steel de Donnie Herron (qui joue aussi du violon sur certains morceaux).
Le rappel sera aussi très bon. Tout d’abord Don’t think twice, puis le célèbre All along the watchtower, dans une version qui se rapproche plus de celle d’Hendrix que de celle qu’on trouve sur John Wesley Harding. Et ce morceau donnera lieu à un moment rare, un Dylan hilare, visiblement très complice avec le batteur George Recile.

J’ai cru à un dernier rappel, mais les lumières se sont vite rallumées, et le « Bob Dylan show » était terminé. Je suis rassuré, il y croit toujours, et ces deux petites heures en compagnie de Bob Dylan valaient bien ce long déplacement.

Set-list :

To Be Alone With You
The Times They Are A-Changin'
Things Have Changed
Most Likely You Go Your Way (And I'll Go Mine)
If Dogs Run Free
Highway 61 Revisited
Positively 4th Street
Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again
Shelter From The Storm
Down Along The Cove
Make You Feel My Love
Tweedle Dee & Tweedle Dum
Chimes Of Freedom
Summer Days

(Rappels)
Don't Think Twice, It's All Right
All Along The Watchtower


www.bobdylan.com

auteur : David Lesven - tybreizh@hotmail.com
chronique publiée le 08/11/2005

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