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Franz Ferdinand

+ Editors
Zénith (Dijon)
samedi 5 novembre 2005

Quand on a la trentaine bien avancée, une vie familiale bien entamée et des rides aux coins de yeux, on prend malheureusement des distances avec la prégnance des douces années… C’est qu’en vieillissant, on croit facilement s’affranchir d’une jeunesse, au travers d’une vie bourrée de certitudes et de routines non-feintes… Du coup quelle joie de retrouver les folles soirées aux décibels gonflés à bloc, aux odeurs d’aisselles et aux poses de Pop star ! 
Je m’y suis remis avec l’aide de ma chère moitié (ça aide forcément !…) en franchissant l’enceinte du flambant neuf Zénith de Dijon.
La première partie, Editors et son chanteur à la voix de Ian Curtis, donne le ton par des compositions bien charpentées grâce à des guitares incisives (très Chameleons), une ambiance mélancolique et un plaisir évident sur scène qui occulteront judicieusement un répertoire un peu juste et des chansons pas toujours inspirées.
Après ce tour de chauffe de tout premier ordre et un roadie qui joue les funambules en tapotant des mains au son d’un Vitamin C de Can, les Franz Ferdinand font leur apparition tels des dieux vivants (je n’exagère pas !…), sur une scène très sobre avec comme seul apparat le logo Domino sur la batterie et le clavier, démontrant s’il en était besoin, leur fidélité à un label courageux, et sacrément visionnaire sur ce coup.
Dés les premiers accords de guitares, la messe est dite ; ce sera l’éloge de la 6 cordes !
Deux albums et déjà une cohorte de fans invétérés qui connaissent toutes les chansons ou presque par cœur (comme tout fan qui se respecte) et qui battent des bras (des ailes ?…) comme certains la mesure.
Alex Kapranos et consorts semblent heureux d’être sur scène ; le batteur et son attitude simiesque me fait un peu penser au batteur fou des Who, tandis que le bassiste empreint d’une mobilité cataleptique se fait l’écho des guitares qui hurlent leur plaisir.
Si un mariage a lieu ; c’est définitivement entre les mélodies d’hymnes comme Jacqueline, le tubesque Take Me Out ou encore Do You want To, I’m your Villain ou encore Eleanore put your boots on, et les guitares qui s’entremêlent entre le chant d’Alex, leader incontournable et charismatique de ce quatuor glawégien qui manient aussi bien le manche de guitare que l’harmonie musicale.
Quoiqu’il en soit, les morceaux s’enchaînent sans coup férir et l’attitude du groupe fait plaisir à voir ; pas une seule pose de star à trois sous, juste l’enthousiasme d’un groupe inspiré qui semble aimer le simple fait de partager son amour de la musique avec d’autres.
La fin du show sera à l’image de leur nobles intentions ; une présentation assez théâtrale des protagonistes (le tout en français !…) et un merci collectif avec courbettes et tutti quanti et des sourires naturels qui en disaient long…
Ce fut un concert bien rodé avec des mélodies imparables, un sens du rythme satanique et une communion réussie avec un public dijonnais passionnés et très respectueux.
Même si les fantômes de Television, de Fire Engines, de Josef K ou encore de Gang Of Four tambourinaient sans cesse dans ma boîte crânienne ; le simple fait de voir s’exprimer 4 jeunes gens dans le vent avec pour seuls viatiques des guitares et des mélodies pop, est incroyablement contagieux et témoigne de l’intemporalité de la musique à rendre les gens gais, libérés de toute contingence quotidienne.

Merci à ma muse de m’avoir redonné le goût de la musique créée par la main humaine…

PS) Les voix du seigneur étant pénétrables, n’oubliez jamais de vous munir de vos boules « Quiès » car elles vous protègent de tout sauf de l’amour de la musique : à bon entendeur, salut !


www.franzferdinand.co.uk
www.dominorecordco.com
www.editorsofficial.com

auteur : Poplunaire - poplunaire@foutraque.com
chronique publiée le 08/11/2005

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