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Wraygunn

+ The Film
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
lundi 7 novembre 2005

Sex & rock ‘n roll

L’affiche Wraygunn + The Film a permis de chasser le blues du lundi soir en province au mois de novembre à grands coups de décibels et de textes sexuellement connotés… Même si le club de la Coopérative de Mai sonnait un peu creux, les aficionados de rock fiévreux qui s’étaient déplacés n’ont pas eux à le regretter : The Film est désormais une redoutable machine de guerre scénique, quant à Wraygunn, c’est un sérieux prétendant au trône de superstar du punk ‘n blues sexy, toujours occupé par l’inestimable Jon Spencer.

Electric warriors

La soirée commence par une bonne décharge de punk rock glam signée The Film… Le groupe, qui évolue désormais à quatre sur scène, a accompli des progrès considérables depuis son concert en première partie de Dionysos au festival de Sédières, en juillet 2004. Avec un batteur, les excellents titres qui figurent sur le premier album des Bordelais sont maintenant ultra percutants sur scène. En plus, cela encourage Guillaume Brière et Benjamin Lebeau à se lâcher sur leurs instruments (basse énorme, guitare machine à envoyer des riffs) et leurs micros respectifs comme des guerriers électriques. Les violents gimmicks à la Ron Asheton, à la Marc Bolan, voire à la Keith Richards, se succèdent donc, ce qui donne envie au chanteur de sonner comme Iggy Pop sur Nightclubbing ou à la manière de T. Rex ou David Bowie dans les années 70. Le saxophoniste/organiste n’est pas en reste : il s’en donne lui aussi à cœur joie et épice le tout d’interventions bien senties. C’est extrêmement rock ‘n roll, furieusement sexy (le guitariste en rajoute une couche en criant comme une femme sur le point d’atteindre l’orgasme), méchamment glam rock et sacrément punk… En un mot, c’est parfait. Sauf que l’ingénieur du son et le groupe ont choisi de jouer très fort et très agressif, alors qu’ils n’ont pourtant pas besoin de ça pour cacher un manque de morceaux corrects. Malgré cela, The Film mérite toutes les félicitations pour sa prestation enflammée…

Pas de Boogie Woogie avant de faire vos prières du soir…

En matière de prestation enflammée (et de feu dans le slip), le groupe portugais Wraygunn et son leader Paulo Furtado en connaissent également un rayon… La puissance de feu de Wraygunn est en effet assez impressionnante : boosté par deux choristes aussi craquantes qu’impressionnantes (et qui sonnent plus soul et moins variétés que sur le disque), d’un organiste scratcheur pas maladroit du tout, d’un batteur et d’un percussionniste habiles de leurs mains, le leader du combo auteur de Ecclesiastes 1.11. peut sans aucun problème évangéliser les foules avec son divin mélange de punk, blues, gospel et soul.
Malgré le côté peu varié des compositions (certaines ont tendance à se ressembler), Paulo arrive très bien à provoquer ce qu’il appelle de ses vœux pieux : déclencher la transe avec ses compositions lardées de guitares blues et d’aboiements de loup en rut. L’influence de Jon Spencer Blues Explosion et des Cramps est flagrante, mais ce n’est pas désagréable, bien au contraire… Car l’énergie dégagée est impressionnante, le joie de jouer est totale et le message est clair : éclatez vous ! Ce prêtre plus près des idées du Reverend Horton Heat que de l’Abbé Pierre - même se celui-ci a récement avoué avoir fauté - préconise, un peu à la manière de l’ex Chaussettes Noires Eddy Mitchell, de ne pas se lancer dans un Boogie Woogie avant de faire les prières du soir… Mais après les bondieuseries gospel soul ( Soul city, Keep on praying), M.Furtado encourage à se vautrer dans la luxure et la débauche, voire carrément à photographier ses ébats la nuit durant (Lust, Drunk or stonded Snapshot, All night long). Et au cas où certains seraient dur de la feuille, l’homme n’hésite pas à descendre de scène pour montrer la voie à suivre en mimant les préliminaires et l’acte sexuel avec la complicité de jeunes femmes pas si innocentes que ça…
Comble de la jouissance, cette brillante démonstration de sex & rock ‘n roll (deux mots qui vont très bien ensemble aurait dit Paul McCartney), est agrémentée de reprises flamboyantes des Kinks (You really got me, un tube qui rend fou) et des Who (My generation, tout simplement un hymne). On croyait voir débouler un sinistre prêtre rock et l’on a vu pendant un heure vingt sur scène un dieu du punk ‘n blues super sexy ; Wraygunn et son leader nous ont bien eu… 

(Photos Wraygunn : Pirlouiiiit)


www.wraygunn.com
www.thefilm-music.com
www.lacoope.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 12/11/2005

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