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The Organ

+ Radiateur
Le Grand Mix (Tourcoing)
jeudi 3 novembre 2005

The Organ, c’est un peu le disque surprise de 2005, un de ceux qu’on a envie d’offrir à tout le monde, un de ceux qui méritent vraiment le sticker « Révélation » à la FNAC. Un peu sorti de nulle part, ce quintet de Canadiennes est à la croisée des deux chemins qui font le rock d’aujourd’hui, coincé entre la vague du retour du rock (elles passent à la moulinette The Smiths et Joy Division) et la vogue de l’indie nord-américain (elles sont Canadiennes, arty et n’auraient pas l’air con en première partie d’Arcade Fire).

« Vous êtes charmantes », lance un mec du fond de la salle en prélude au concert. On ne peut pas les réduire à ça mais il faut bien reconnaître que ce quintet de lesbiennes a vraiment de l’allure. La ligne formée à l’avant-scène par la chanteuse, la guitariste, la bassiste et la claviériste est d’un charisme extraordinaire. Cheveux courts, petites poitrines et tatouages apparents, toute la formation est au diapason de l’allure androgyne de la chanteuse Katie Sketch.

Tous les titres sont joués à la perfection, comme sur l’album Grab That Gun. Rien à redire, tout est propre, carré, tout est orienté vers l’émotion glaçante se dégageant de la voix de Katie Sketch. Une voix qui rappelle celle du Morrissey des débuts. Seule entorse à la production de Grab That Gun, le clavier vintage est moins présent en live, laissant la place à la basse vrombissante de la troublante Ashley Webber. D’ailleurs quand The Organ change un peu sa formule live, en allumant les spotlights, en débranchant la guitare et en lançant les nappes de clavier, le résultat est moins convaincant, trop mielleux et moins émotionnel. Clairement, l’énergie rock leur réussit mieux.

Sur scène comme sur disque, No One Has Never Looked So Dead, Basement Band Song et Steven Smith sont les plus grandes réussites du quintet. Mais c’est sur Brother que les filles se transcendent le plus. Katie Sketch achève de nous convaincre avec une magnifique complainte construite sur ce genre de paroles : « Here is the best part of the song / Where I admit I might be wrong ». En observant un peu le fond de scène, on remarque que la batteuse porte un affreux tee-shirt de métal qui, finalement, résume bien le groupe. Dans la noirceur rock, The Organ a fait le choix de la grâce face à la brutalité, même si on sent qu’il s’en ait fallu de peu pour que ça ne soit l’inverse.

En première partie, le groupe Radiateur avait chauffé la salle de fort belle manière. Le groupe lillois pratique un rock uniquement instrumental, une sorte de post-rock au format resserré et au rythme exalté. Jamais contemplatif, le combo délivre une musique définie par le plaisir et matérialisée par l’ivresse de l’électricité et du battement. Et puis aussi, c’était drôle de voir le leader du groupe s’exprimer dans le micro avec une voix complètement décalée et le risque de se prendre, à chaque fois, un énorme bide.

(Photo The Organ : Bernie Fernandez)


www.theorgan.ca
radiateur.music.free.fr
www.legrandmix.com

auteur : Vincent Glad - vincent[at]foutraque.com
chronique publiée le 12/11/2005

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