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Wraygunn

Nouveau Casino (Paris)
mardi 8 novembre 2005

Qui aurait pu imaginer un seul instant qu'un pays aussi discret et encore relativement puritain que le Portugal puisse enfanter un fils rock'n'roll et lubrique ? Alors que la Scandinavie s'encanaille, avec modération, depuis des années avec de prestigieux groupes en The ((International) Noise Conspiracy, Hives, Flaming Sideburns...), l'Europe du sud se réveille enfin !

Avec les énervés Tokyo Sex Destruction d'abord, qui rompent la monotonie des groupes pop espagnols comme Los Planetas, Niños Mutantes et consorts.
Mais surtout grâce à Paulo Furtado, représentant multicartes d'une génération portugaise enfin décomplexée et aux moeurs libérées, tête de Wraygunn mais aussi jambes du one-man-band Legendary Tiger Man.
Si le Blues Explosion est le trio qui symbolise le plus les années 90 en matière de garage-rock avec des disques cultes comme Orange ou Acme, celui-ci est désormais sur le déclin.
Le sieur Paulo propose d'un riff énergique et d'une pose sensuelle et christique, d'oublier New York (par conséquent l'ex-JSBX), Los Angeles et Londres.
Et il y parvient.
On ne peut cependant que se référer au groupe de Jon Spencer, en écoutant les compositions abouties de Ecclesiastes 1.11, dernier album de Wraygunn. Une dose de soul avec orgue et choeurs féminins et sexy, une pincée de blues avec accords basiques et textes à l'ambiguïté bienvenue, un zeste de garage-rock attitude avec lunettes fumées et ambiance de fin de soirée très prometteuse. L'ajout d'un DJ et de percussions donnant à l'ensemble une chaleur et une densité inestimables.

C'est face à un parterre conquis d'avance que les Portugais allaient se déchaîner au Nouveau Casino.
D'abord faussement timide après une intro toute en retenue, digne des meilleurs moments de la Motown, senhor Furtado allait rapidement tomber la veste, puis la chemise pour exhiber (et embraser) un corps blanchâtre de rocker tel qu'il faudrait les vénérer. Longiligne et d'une maigreur véritable, avec des bras ornés de tatouages, des jambes interminables et des... mocassins blancs !
Comme on dit dans les chaumières du 9.4., ça donne la pel de galinha de voir un type s'offrir de cette manière !
Revisitant, amplifiant et érotisant les titres de l'Ecclesiastes 1.11, Wraygunn poussera le vice jusqu'à reprendre le légendaire You really got me (la Kinkserie qui achève tout ce qui résiste encore... un peu) et le non moins mythique et onaniste My generation (un peu plus desespérée que la poussive version d'Oasis !).
Madredeus !
A peine la tournée de Wraygunn achevée, Legendary Tiger Man devrait ressurgir début 2006 dans nos contrées.

A lire également, la chronique du concert de Wraygunn à Clermont-Ferrand.

(Photo : Hugo Lima)


www.wraygunn.com
www.legendarytigerman.com
www.nouveaucasino.net

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 12/11/2005

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