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HushPuppies

La Maroquinerie (Paris)
lundi 21 novembre 2005

Et si le meilleur groupe de la nouvelle scène rock parisienne était … catalan ? Depuis trois ans, quatre Perpignanais renforcés par un bassiste bordelais secouent la Capitale à coup de concerts enflammés et pas réglementaires. Dans une vie antérieure, ces jeunes gens ont usé leurs vestes cintrées dans le microcosme mods. Heureusement, devenir un gentil groupe de styliste ne leur disait trop rien. Les HushPuppies revendiquent un certain héritage 60’s mais ont la réjouissante idée de le blasphémer à dose raisonnable de Krautrock, de compositions tordues et de pop musclée. Produit et distribué par l’ex-Stardust Benjamin Diamond, leur premier album The Trap surpasse même un bon paquet d’épiphénomènes britanniques. « Hey, Kasabian, écoutez les petits Français qui réussissent les chansons que vous massacrez ! »
Reçus en terrain conquis par la salle – OK, il doit y avoir quelques proches dans les parages – les HushPuppies ne tardent pas à enclencher la seconde. Emmené par Olivier Jourdan, chanteur pas timide et ami de la gente féminine, le groupe se livre sans calcul. Pas grand chose à jeter dans les chansons et l’attitude ; la batterie de Franck Pompidor cogne avec élégance, la basse de Guillaume Le Guen assure des rythmiques à se péter le col du fémur, Cyrille Sudraud maltraite sa guitare avec la même ardeur que lorsqu’il vous écharpe au baby-foot, quant au clavier de Wilfried Jourdan, il enrobe le tout avec bonheur.
La qualité de leur prestation ne se résumera pas à la quantité de litres de sueur consumée. Les HushPuppies jonglent entre décharge rock charpentée (You’re Gonna Say Yeah), mélodies en escalier (Alice In Wonderland) et douceur bien sentie (Marhelot’N’ Clavencine) . Ajoutez-y la reprise de I’m not like Everybody Else des Kinks (toujours une preuve de goût) et vous obtenez un concert bien classe. Pour faire glisser, ils se fendent d’un titre misogyne en français avec lequel on torturait Isabelle Alonso.
Les Naast, Brats ou Pravda peuvent toujours passer chez le couturier pour leur prochaine séance photo : les HushPuppies viennent de montrer de quel bois le rock se chauffe dans le sud. USAP 3 - Stade Français 0.


www.hushpuppiestheband.com
www.lamaroquinerie.fr

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 26/11/2005

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