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Abd Al Malik
La Maroquinerie (Paris)
lundi 27 novembre 2006
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90 minutes de rafales d’applaudissements et de cris survoltés : une ovation amplement méritée pour Abd Al Malik à la Maroquinerie, à tel point qu'après chacun des titres interprétés, la frénésie et le rythme déchaîné des acclamations ressemblaient à l'ultime rappel. Faisant son apparition looké tel un jeune de banlieue, engoncé dans un anorak et la capuche sur la tête, l'auteur de Gibraltar -qui a dépassé les 60 000 exemplaires vendus- développera ses idées sur la France arc-en-ciel, tout au long de son set.
Débutant sur un Soldat de plomb irrésistible, Abd Al Malik, fort de ses années hip-hop, domptera illico la salle, ses chansons étant encore plus saisissantes que sur disque. Le Neuhof à Strasbourg peut être fier d’avoir enfanté ce petit prodige, qui honore par ailleurs la mémoire de Jacques Brel, dont il est une des réincarnations les plus sérieuses. A l’opposé de toute une génération de chanteurs qui basent leur carrière sur le name-dropping et le "syndrome de Peter Pan" tout en squattant les plateaux télés et les ondes, Abd Al Malik affiche un optimisme à tout-va. Le récent vainqueur du Prix Constantin et du Grand prix de la chanson de l'Académie Charles Cros est un puissant orateur, un penseur exemplaire et un conteur hors-pair. Affichant un sourire qui semble remercier la vie infiniment, Abd Al Malik a su s'entourer de musiciens chevronnés -des jazzmen quadras- et de son mentor Bilal (très discret mais décisif dans ses choix artistiques) qui insufflent une dose de coolitude, dans la gravité de ses propos. Malik évoque un quotidien rude mais avec suffisamment d'intelligence, évitant ainsi les clichés habituels.
"C'est la faute des autres" phrase révélatrice du chaos social frémissant en France, est détaillée non sans humour, lorsque Malik rappelle l'absence totale de communication entre les présumés coupables et les supposées victimes des maux qui accentuent un peu plus la rupture, chaque jour. Se réappropriant le premier couplet de Ces gens là de Brel (avec classe), l'ancien leader des New African Poets illustrera ses propos évoquant la fracture, avec le meilleur titre de son répertoire : Les autres. Ce féru de philosophie séduit non seulement par le respect qu’il impose naturellement et immédiatement, mais aussi par son humilité : le compagnon de route de Grand Corps Malade sait d’où il vient et ne l’oubliera pas en chemin. Abd Al Malik est un représentant de la réalité et il l'a parfaitement compris et transmet avec simplicité un message à écouter (et à lire)... quasi-religieusement.
Album recommandé : Gibraltar
Prochains concerts "foutraquement" conseillés à la Maroquinerie :
Troy von Balthazar - le 4/12 Jeffrey Lewis - le 5/12 Badly Drawn Boy - le 6/12 Nomeansno - le 8/12 Albert Hammond JR - le 10/12 Kaolin - le 13/12 The Long Blondes - le 14/12 New Model Army - le 15/12 Lords of Altamont - le 16/12 Le Nombre - le 12/01 Eiffel - le 15/01 The Automatic - le 18/01 Sandi Thom - le 22/01 The Blood Brothers - le 28/01 Andre Williams - le 03/02 Festival des "Nuits de l'alligator" - du 6 au 10/02 The Fuzztones - le 14/02 The Decemberists - le 22/02
www.abdalmalik.fr
www.atmospheriques.com
www.lamaroquinerie.fr
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auteur : Samuel Charon - charonsamuel@gmail.com
chronique publiée le 03/12/2006
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