01/04/2020  |  5336 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 31/03/2020 à 16:30:49
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Patti Smith

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mardi 5 juin 2007

Salle comble et public enthousiaste pour Patti Smith à la Coopérative de Mai… En un peu moins de deux heures de show, l’incontournable l’icône new yorkaise des années punk a présenté son dernier disque - Twelve - ainsi que les titres qui ont jalonné sa carrière. Toujours irréprochable, Patti Smith a gardé intactes sa voix si puissante, son incroyable énergie, son charisme capable de faire chavirer une salle entière et sa capacité à se révolter contre l’injustice.

Dès le tonitruant - et acclamé ! - début du concert, à 20h45 pétantes, Patti Smith (cheveux fillasse, bottes, jeans, chemise blanche et veste noire) fait très forte impression vocalement, son groupe (Jay Dee Daugherty à la batterie, Lenny Kaye à la guitare, Jackson Smith à la guitare, Tony Shanahan à la basse et aux claviers) assurant une bande son bien rock ‘n roll aux paroles poétiques, engagées et politiquement incorrectes de son leader. Malheureusement, par la suite, le backing band laissera parfois un peu à désirer ; les sonorités froides, trop propres et archi professionnelles qu’il développe contrastant avec la liberté de ton, la voix gorgée de vécu et la rock ‘n roll attitude de Mrs Smith. Lenny Kaye a beau avoir sélectionné le meilleur du rock garage pour les compilations Nuggets (il se lancera d’ailleurs dans une version énergique de Pushin’ too hard des Seeds ce soir), il sonne un peu soft rock sur les bords, quand une pincée de distorsion rock garage ou punk 77 serait la bienvenue.

Cela dit, Patti Smith emporte à elle seule l’adhésion ; elle tire même son groupe vers le haut sur des versions mémorables de Gloria (Them), Because the night, Perfect day (Lou Reed) et Rock ‘n roll nigger, entre autres... White rabbit de Jefferson Airplane et Within you without you de George Harrison étant également de bons moments. Il faut signaler que Gimme shelter des Rolling Stones est proposé, quant à lui, dans une relecture un peu étriquée et convenue , comme la version acoustique - aussi fade qu’un MTV unplugged - de Smells like teen spirit (Nirvana). Malgré cela, on se trouve quand même à une autre altitude que la ridiculement mièvre version de Creep (par les métalleux de Korn) qui pollue actuellement certaines ondes commerciales. Contrairement à ces tristes sires, le naturel, la joie d’être vivante et la force de caractère transparaissent dans chaque mot chanté par Patti Smith, aussi est-ce toujours un moment à part de la voir sur scène. Malgré les quelques imperfections listées plus haut.

Le rappel qui conclut ce concert de bonne facture laissera une agréable sensation de communion, Patti Smith descendant de scène au cours du dernier morceau pour serrer longuement les mains des premiers rangs… Quand elle remonte sur scène, c’est pour essayer de faire le plus de bruit possible avec une guitare électrique, avant de réussir un arrachage complet des six cordes de son instrument. L’une après l’autre, chaque corde rend l’âme presque sereinement sous les mains de Patti Smith. Une artiste totalement à part qui a décidément une manière bien à elle de dire Au revoir…

Sites Internet : http://www.pattismith.net, www.myspace.com/pattismith et www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 09/06/2007

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire