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Frank Black

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
lundi 25 juin 2007

« MASSIF CENTRALE, TRANSYLVANIE... »

Un concert de rêve dans le Massif Central pour Frank Black… Le public du club de la Coopérative de Mai n’en est toujours pas revenu : en vacances des Pixies, le songwriter à la voix d’airain et aux lunettes noires a semblé transfiguré, tout simplement… C’est drôle (« Hello Transylvania ! » lance-t-il en arrivant), souriant, surexcité, intenable au micro et accompagné par un groupe punk’n roll que le public clermontois a retrouvé Mr Black, quatre ans après l’avoir laissé sur un note country folk rock, statique derrière son micro et sa guitare.

Frank Black, déchaîné, arpente la scène comme il ne l’a jamais fait depuis ses débuts...

Les raisons de ce changement ? La reformation scénique réussie des Pixies, la maturité, un nouvel album ébouriffant (le très rock Bluefinger, à paraître en septembre), le choix de ne pas jouer de guitare électrique et de se concentrer sur le chant et les danses hystériques, sans doute… Car après une superbe introduction de cinq ou six titres en solo à la guitare sèche (avec Velouria, I heard Ramona sing, le hit dylanien Headache et quelques autres perles en versions folk), notre homme appelle ses acolytes Jason Carter (batterie sans fioriture), Ding Archer (basse expéditive) et Charles Normal (guitare parfaitement grinçante) pour faire du bruit comme un groupe de gamins énervés dans le garage familial. Et ça fait plaisir à voir : Frank Black, déchaîné, arpente la scène micro en main, comme il ne l’a jamais fait depuis ses débuts. On l’a même vu en train de faire des petits sauts de cabri en hurlant et se rouler par terre en gueulant… Et avec quelle voix s’il vous plaît ! Chaque titre - ou presque - est une nouvelle occasion de pousser des cris irréels. Qui semblent provenir d’un démon ravi de faire le show dans un club bondé et enthousiaste. Ce qui ne gâche rien, Frank Black a toujours des idées farfelues : ce soir, à Clermont-Ferrand, dans le Massif Central, il se croit en Transylvanie en face d’un public qu’il appelle « ses vampires »… L’interprétation du morceau Massif Centrale (avec un « e ») non loin des « hills of the central France » semble l’inspirer. Et déclenche une vague d’applaudissements et de hurlements ravis. Sans commune mesure toutefois avec les vociférations jubilatoires provenant des cordes vocales de la vedette de la soirée.

Et l’on se demande si l’on n’a pas rêvé…

Avec trois disques à promouvoir, une compilation des meilleurs titres de sa carrière solo (Frank Black 93-03), une sorte best of live acoustique (Christmass) et un nouvel opus (Bluefinger), Charles Thompson a des munitions pour faire tomber le public sous son charme. Les titres tous plus excellents les uns que les autres (à part peut être California bound) s’enchaînent sans temps mort sans set list, Frank Black hurlant comme un damné le titre du prochain morceau dès le finale du précédent. Les très punk nouveaux titres (Captain pasty, Your mouth into mine, You can’t break a heart and have it, Tight black Rubber et le tube imparable Treshold apprehension) se mélangent aux perles plus anciennes (Los Angeles, joué avec une intro à la House of the rising sun, le génialement infernal Thalassocracy, le jouissif Freedom rock, Old black dawning, All my ghosts etc) et aux reprises (le traditionnel Black Rider de Tom Waits, Re-Make/Re-Model de Roxy Music et une version vrillante de The Rockafeller Skank de… Fat Boy Slim !). Le public hurle sa joie d’être là et salue à sa juste valeur la qualité de la prestation scénique quand l’homme aux lunettes noires fait mine de rejoindre les loges, tout sourire. L’ovation est telle, qu’un rappel est accordé de bon cœur. Une heure et demi après le début du set, les lumières se rallument et l’on se demande si l’on n’a pas rêvé… Frank Black respire la joie de vivre et de jouer en groupe, sa musique est toujours jubilatoire et son inspiration – hors du temps et des modes – semble intarissable. C’est à croire qu’il ne boit pas d’alcool fort dans son petit verre sur scène, mais du sang frais aux vertus régénérantes, comme les vampires de Transylvanie. Ou du Massif Central(e) !

Sites internet : http://blackolero.blogspot.com/, www.frankblack.net, www.frankblack9303.com.

Photos prises par Robert Gil à Paris, en mai 2007, et à Lille par Blackolero, en juin 2007.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 26/06/2007

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