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Scanners

La Flèche d'or (Paris)
jeudi 28 juin 2007

La Flèche d’or, sa programmation de masse, ses groupes dispensables et parfois sa bonne surprise. Par désoeuvrement, je jetais un œil sur la programmation de jeudi dernier. Matt Elliot très bien mais trop tôt, Deportivo tentant comme un week-end à La Corogne en hiver, puis il y ce dernier groupe, Scanners. Une écoute rapide et agréable sur leur MySpace, et me voilà seul à l’entrée de la salle pour voir un groupe dont j’ignorais encore tout quelques heures plus tôt. Pour la bio, Scanners sont des Londoniens emmenés par une brune troublante avec un album au compteur (Violence Is Golden) évoluant « entre pop timide, new wave ressuscitée et rock flamboyant », si je me fie à la brochure.

Une fois sur scène, il n’y plus de timidité qui tienne. Les chansons intéressantes sur une page MySpace deviennent fiévreuses et organiques, on croirait entendre The Organ avec une âme. Compromis entre douceur et attaque frontale, le son de Scanners saisit d’emblée et ne va jamais lâcher. Une impression qui se double d’une claque charnelle appelée Sara Daly. Face à ce déploiement de phéromones, la plupart de ses homologues masculins ressemblent à des chatons castrés. Jean élimé, simple tee-shirt, veste noire sans manches, elle tient sa basse et bouffe le public du regard. Une Patti Smith d’aujourd’hui croise Kim Gordon. Je me dis qu’un jour les magazines féminins propulseront ce corps androgyne en icône de saison. Sauf que pour le moment on s’en fout. Sa voix monte très haut, sans jamais se casser, même quand elle crie on croirait qu’elle susurre. Derrière moi, je crois entendre les premières et inévitables comparaisons avec PJ Harvey.

Sur la gauche, la guitariste cachée derrière sa mèche caresse son instument comme si elle jouait dans Lush ou Elastica, avec une moue capable de vous faire réhabiliter l’esthétique shoegazing sur le champ. Deux garçons les accompagnent, ils jouent fort, vite et bien. La salle à moitié désertée après le concert de Deportivo se remplit peu à peu. Il se passe un truc. Je sens que le set va être trop court. Je sens qu’il va me manquer les mots pour décrire un concert qui m’a rappelé que le rock pouvait valoir mieux que l’agréable routine dans laquelle il pose son cul trop souvent.


www.myspace.com/scanners
www.scannersmusic.com

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 01/07/2007

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