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Hot Chip

+ The Cazals
Le Cabaret Sauvage (Paris)
jeudi 5 juillet 2007

Par principe je m’étais interdit de mettre les pieds dans une soirée organisée par un label (Kitsuné en l'occurence) qui fait aussi marque de fringues - ou l’inverse alors, je ne sais plus trop. Mais pour voir Hot Chip, j’étais prêt au reniement et bien m’en a pris. La sauterie a lieu au Cabaret Sauvage, au bout du Parc de La Villette. Pour le coup, ce cabaret ressemble davantage à un chapiteau de cirque quatre étoiles avec des loges grand confort sur le côté ; il dégage le cachet d’une salle de concert qui a le mérite de ne pas ressembler à une salle concert, à la différence du Trabendo voisin. Visiblement recruté sur casting, le public renseigne sur cette question fondamentale : qu’est-ce qu’être branché en 2007 ? Les filles sont terribles, les garçons pas mal non plus, il faut bien le reconnaître ; même ceux qui ne ressemblent à rien paraissent avoir calculé la chose.

Passé le quart d’heure mode, les Anglais de The Cazals se pointent sur la pointe des pieds pour interrompre ou accompagner les mondanités. Exception culturelle rock chez l’electro chic Kitsuné, le groupe sert du Strokes deuxième période, chiadé et rock FM classe sur les bords. Je crois qu’à un moment, je me suis fait chier, mais ce n’était pas désagréable. Par contre, je déconseille une consommation trop poussée de l’alliage tabac / whisky au chanteur, sinon ça voix de gorge risque de finir en une Chris Rea ou Tom Waits aigüe. Ce qui peut avoir son charme.

Amorphe et dispersée, la salle se réveille pendant le changement de plateau pour un mix transitoire des boss du label, idoine pour préparer l’arriver des cinq nerds magnifiques de Hot Chip. Alignés de front au devant de la scène dans une configuration kratwerkienne débraillée, les Anglais se passent des préliminaires pour nous faire l’amour. L’essentiel du grisant deuxième album The Warning passe en revue. Un petit monument d’electro pop dans toute sa définition : electro parce que machines pourvoyeuses de beat diaboliques et pop parce que mélodique, mélancolique parfois et immédiat souvent. Les titres plus lents du tempo comme Boy from School prennent ici un coup de club, sans perdre leur fragilité. Car Hop Chip n’a pas le goût d’une drogue synthétique, il y des hommes derrière avec des voix et des mots pour accompagner le plaisir purement rythmique.
Dans les milieux autorisés on parle de pop du troisième millénaire, ce qui peut se traduire par du Beta Band qui aurait survécu aux années 2000. Hot Chip est une terrible machine à danser, aussi puissante mais plus agile que LCD Soundsystem. Une usine à recycler les influences sans trop les souligner. La faune des branchés reprend vie et agite les bras. Les membres du groupe affichent des sourires de satisfaction, comme s’ils étaient encore surpris de l’effet produit par leur son. Pour renverser tour ce beau monde, Hot Chip s’était gardé sous le coude la bombe Over and over, plaidoyer pour la répétition et l’œcuménisme entre funk, techno et punk. Le genre de morceau capable de vous entraîner dans des mouvements d’hédonisme incontrôlable et qui finirait par convaincre de s’aventurer sur un dance-floor. Est-ce bien raisonnable ?


www.myspace.com/hotchip
www.myspace.com/cazalsuk
www.kitsune.fr

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 07/07/2007

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