19/10/2019  |  5245 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/10/2019 à 17:52:45
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Frustration + Octobre Novembre (Garage Club)

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
vendredi 5 octobre

Garage club très eighties dans la petite Coopé, prolongement idéal d’une soirée post punk commencée au cinéma Le Rio avec la projection du superbe film d’Anton Corbijn sur la vie de Ian Curtis, Control… Après la séance de 18h et deux heures passées avec la vie infernale du chanteur de Joy Division génialement filmée en noir et blanc, rendez-vous est pris avec les groupes Octobre/Novembre et Frustration.

Octobre/Novembre, un boys band de saison

Si Boris aka Syrob n’arrive pas vraiment à nous mettre dans l’ambiance (il faut dire qu’on n’a jamais apprécié ses sélections électroniques prétentieuses, minimalistes/insipides et pseudo branchées), l’arrivée d’Octobre/Novembre (un quatuor de saison) sonne le glas de l’ennui. Formé à la va-vite par des membres de Kunamaka fans de musique des années 80, ce groupe ovni qui a le sens de la formule et de la communication (allez faire un tour sur leur site myspace joliment customisé et narcissique) se fait fort de délivrer une électro pop/New Wave à la fois synthétique et organique. Les disques de New Order, Clash, Joy Division, Aha, Madonna, Erasure, The Cure, Billy Idol, Alphaville et Depeche Mode sont semble-t-il passés en boucle en fin de soirée chez ces jeunes gens aux idées larges. Avec un synthé clinquant, une guitare sobre, une basse monstrueuse et un chanteur habité, le boys band Octobre/Novembre arrive à délivrer de mini hits électro Lo Fi composé en deux temps trois mouvements. C’est direct, groovy, drôle et ultra dansant. Et ça plait aux filles, aux garçons qui veulent plaire aux filles, aux filles qui aiment les filles, aux garçons qui draguent les garçons et aux garçons qui aiment prendre les filles comme des garçons… Bref, ça peut plaire potentiellement à tout le monde. Si de nombreux titres sont percutants, il y a quand même pas mal de morceaux anecdotiques et sans saveur particulière. Après tout, c’est un peu normal : le groupe n’en est qu’à son galop d’essai, c’est là son premier concert ! L’important étant que quand ses titres sont réussis, ils le sont vraiment : Las Vegas, Old fire, Soldier night fever, plus une très jolie reprise d’I’ll be your mirror du Velvet Underground. A suivre donc à l’avenir… Octobre/Novembre sera à nouveau sur la scène de la Coopé mardi 9 octobre pour la soirée Velvet où 25 groupes auvergnats réenregistreront en live le mythique « disque à la banane ».

Aucune Frustration !

Après cette belle mise en jambes, puis quelques disques électroniques pour faire – un peu – monter la pression, voici le plat de résistance de la soirée, les mal nommés Frustration, from Paris France, déjà aperçus cette année. C’est dans une ambiance plus chaude et plus rock ‘n roll qu'aux Volcaniques de Mars 2007 que les excellents musiciens habillés en noir et coupés court (ça fait un peu jeunesses hitlériennes… ) ont pu délivrer un percutant set, entre post punk, garage, cold wave et électronique. L’influence majeure qui ressort des titres originaux et souvent impressionnants d'intensité de Frustration est Warsaw/Joy Division. La voix grave et psychotique du chanteur (on pense immanquablement au défunt Ian Curtis), les synthés aigrelets, la guitare épileptique et la basse profonde sonnent dans cet esprit-là. Mais pas que. L’ajout de parties électroniques détonnantes en intro ou en break ajoute une touche personnelle, comme l’hallucinante virulence du propos à la limite du rock garage… Entre danse de Saint-Gui, montées et descentes synthétiques et séances d’hystérie collective, le public est joliment retourné ; il fini par succomber définitivement sous les coups de boutoirs de Frustration. Une bluffante reprise des punks anti nazis de Crisis, et deux rappels plus tard (avec le tube No trouble) et c’est déjà fini, malheureusement… Frustration est un combo à voir absolument sur scène.

Belle conclusion donc pour cette très bonne soirée placée sous le signe du post punk/cold wave. Quelques secondes plus tard, Syrob a la bonne idée de balancer Love will tear us apart (traduction : on se déchirera par amour… ) à fond dans les enceintes. En sortant de la salle, on repense donc à la magnifique scène du film Control - avec en fond sonore l’inoxydable hit désespéré de Joy Division - où le couple Ian et Debbie Curtis commence à partir en lambeaux. Et on finit un peu déprimé. Normal avec le thème de cette soirée.

Sites Internet : www.myspace.com/_frustration, www.myspace.com/octobrenovembre, www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 06/10/2007

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