| Concert époustouflant pour l'hurluberlu électro pop Sébastien Tellier à la Coopérative de Mai, qui accueillait également - en première partie - les excellents français d'Adam Kesher...

Adam Kesher, foutrement explosif !
45 minutes durant, l'électro pop rock ourdie par les six membres du groupe Adam Kesher a permis de placer la soirée sur de bons rails. Dès les premières minutes du show, c'est en effet une déferlante de tubes à la fois sexy, bien foutus et aventureux qui s'abat sur le public, relativement nombreux et très enthousiaste. Normal : si vous mettez en contact rapproché un chanteur habité couinant admirablement dans son micro et se jetant partout avec une troupe de musiciens virevoltants et doués, cela donne un résultat foutrement explosif !

De quoi alimenter durablement le juke box mental de tout un chacun...
Attention, la vue d'Adam Kesher sur scène peut provoquer la troublante impression d'avoir des gerbes d'étincelles dans les yeux et la tête, sensation fort agréable au demeurant... Parfaits pour danser langoureusement, pogoter hystériquement ou planer au dessus des nuages, les morceaux du combo originaires de Bordeaux sont de véritables petits bijoux, à savourer sur disque (l'excellent Heading For The Hills, Feeling Warm inside) et en live (cf le concert à la Route du Rock 2008) bien sûr ! Les fans de My Bloody Valentine, Daft Punk, Jesus and Mary Chain, The Neptunes, The Rapture, Klaxons et The Hives devraient sérieusement se pencher sur le sujet... Car, emmenée par les tubes Local Girl et Ladies, Loathing and Laughter, la set list de ce groupe promis à un avenir radieux avait de quoi alimenter durablement le juke box mental de tout un chacun, en donnant le sourire et la pêche pour un bon bout de temps !

Sébastien Tellier, entre Gainsbourg et Daft Punk ?
Dans un style assez différent (malgré un amour commun pour les Daft Punk), Sébastien Tellier et son impeccable groupe (deux claviers, un batteur) a démontré que si la branchitude l'a rattrapé, la qualité de ses chansons, de ses visions hallucinées d'artiste barré et son charisme gainsbourien déjanté sont vraiment uniques. En buvant force verres de vin blanc dans la ville d'Hortefeux mais aussi des "Cornichons, du paté et de Jean Michelin" (sic) monsieur Tellier a trouvé l'inspiration pour agrémenter ses morceaux de commentaires surréalistes proprement hilarants. Entre les morceaux - extraits de i>Sexuality (un disque nécessitant de nombreuses écoutes avant de révéler tous ses trésors) ou de ses autres albums -, Sébastien T. improvise de mini sketchs à se rouler par terre, transformant parfois son concert en happenning incroyable (une série de solos de guitare en tapping entrecoupés de commentaires débiles sur les indiens d'Amérique, un morceau au piano où il finit couché sur son instrument en caressant le micro... ). Et l'on se souvient alors que notre homme avait magistralement mouché l'infect sbire de Sarkozy, Brice Hortefeux (la honte de Clermont-Ferrand) en lui proposant sur le plateau du Grand Journal de Canal + d'utiliser - à la place des coûteux charters - des catapultes pour expulser les étrangers en "situation irrégulière".

Amoureux de Sébastien...
Magie du direct live et du show biz, malgré les facéties du monsieur, on garde néanmoins une vue imprenable sur la pertinence des arrangements (à la fois électroniques, mélancoliques et planants) et le chant (à la Christophe) parfaitement assuré, qui rendent grâce à des morceaux écrits de main de maitre. C'est beau et saisissant, tout simplement : et l'on se retrouve tous comme l'héroïne du titre Roche, amoureux de Sébastien en train de marcher pied nu sur le plage de Biarritz en été. La preuve : devant nous, une femme fait l'amour avec la musique de Sébastien Tellier, ses hanches ondulent en rythme sur les lignes de basse. Chaleur... Love on the beat... On pense souvent à l'auteur de cet perverse chanson, Gainsbourg, pour l'attitude ultra borderline et alcoolisée sur scène, mais également pour ce talent inné pour trousser des pop songs à la fois radiophoniques et subversives (Roche, Kilometer, Divine, Manty... ). Finalement, le bandeau putassier appliqué sur les affiches du concert par la Coopérative de Mai, entre Gainsbourg et Daft Punk n'était pas si mensonger que ça. Cet inoubliable concert - bien supérieur à celui donné au Printemps de Bourges cette année - se conclut avec des versions à pleurer de bonheur de La Ritournelle, L'amour et la violence et Sexual Sportswear, trois titres tout simplement magiques, permettant de voir - très clairement - que derrière l'amuseur public un peu branchouille se cache un véritable génie de la pop song cinématico onirique. La grande classe, ce Sébastien Tellier !
Sites internet : www.myspace.com/SEBASTIENTELLIER, www.recordmakers.com/, www.myspace.com/adamkesher, www.adamkesher.com, www.lacoope.com, www.myspace.com/lacooperativedemai.
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