24/04/2014  |  4404 chroniques, 145 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/04/2014 à 17:27:48
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The Jim Jones Revue, Black Diamond Heavies, The War On Drugs

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 21 février 2009

Etape clermontoise aussi courue (le club de la Coopé est bondé) que réussie au niveau artistique pour les Nuits de L'Alligator 2009, avec par ordre d'apparition sur scène, le folk psyché de The War On Drugs, le blues 'n soul de Black Diamond Heavies et le rock 'n roll garage de The Jim Jones Revue...

The War On Drugs : décollage immédiat.

La soirée commence avec le folk psychédélique des Américains de The War On Drugs, qui proposent une longue ode aux paradis artificiels entre folk dylanien, envolées lyriques à la Flaming Lips/Mercury Rev et passages expérimentaux légèrement bruitistes. La voix, évoquant un croisement entre Bob Dylan et Jonathan Donahue, est parfaitement assurée, les parties de guitare invitent au décollage immédiat et les rythmiques (basse, batterie) sont captivantes. Idéal pour tripper, ce combo encore peu connu est une véritable découverte, à savourer sur scène donc... et sur disque (cf l'excellent Wagonwhell Blues) !

Black Diamond Heavies, bien doté par la nature...

Juste après, les Black Diamond Heavies ont littéralement mis le feu avec leur blues 'n soul rock servi avec des litres de sueur, une bonne dose de virtuosité et une sacrée foi. L'organiste/chanteur entre en transe dès les premières secondes du show et ne fait qu'un avec son instrument de prédilection et son micro. Sa voix rocailleuse de gros matou enrhumé fait immédiatement penser à un croisement entre Louis Armstrong (elle est très très basse), Tom Waits (elle ne s'embarrasse pas de fioritures inutiles) et Lemmy Kilmister de Motorhead (ça gueule à souhait !), cet homme là - sans doute déjà bien doté par la nature au niveau cordes vocales - semble avoir sculpté son organe avec force clopes et bouteilles de Jack Daniels : quelle VOIX !

Comme celle-ci est accompagné par une un jeu d'orgue jouissivement frénétique et des parties de batterie très classieuses, l'effet est totalement réussi : l'on se croirait dans un club de blues à la Nouvelle Orléans... Après avoir honoré son public avec moult saillies blues ' soul finalement très rock 'n roll, Black Diamond Heavies ralentit la cadence le temps d'un slow... avant d'embrayer aussi sec pour le feu d'artifice final, orgasmique. Tout cela est très bien envoyé !

The Jim Jones Revue : A Wham Bam Whop Bop-A Lu A Whop Bam Bu !

Tout le monde est bien chauffé à blanc, il ne reste plus qu'à "finir le travail" pour la tête d'affiche du soir, les anglais sous influences Little Richard, Jerry Lee Lewis, Jon Spencer Blues Explosion de The Jim Jones Revue... Auteurs d'un album proprement hallucinant d'énergie rock 'n roll brute, le combo entre immédiatement dans le vif du sujet avec l'un de ses titres infernaux. La voix de Jim Jones est un véritable bonheur pour qui aime entendre des cris de loup garou en rut passant par un micro sauvagement saturé. Et cela tombe bien : c'est notre cas, et celui du public aussi ! Après un léger temps de chauffe, le deuxième titre, la reprise de Little Richard Hey hey hey hey, est une très bonne occasion de donner envie de bouger son corps de manière hystérique, en headbangant comme un benêt.

Sorte de cure de jouvence couplée avec un puissant euphorisant, un set de The Jim Jones Revue rendrait le sourire à n'importe quelle personne venant d'apprendre une (très) mauvaise nouvelle. Le piano sauvagement martelé, les guitares qui hurlent leur riffs à qui mieux mieux et les rythmiques surexcitées contribuent à faire oublier tout le reste. Sans être une seule seconde original, ce groupe botte le cul, tout simplement. Seuls petits bémols, les harangues incessantes de Jim Jones (say yeahhhhh ! yeahhhhhhhh ! ) sonnent moins justes que celle de Jon Spencer, et le groupe manque un peu de générosité (par rapport aux insurpassables Heavy Trash par exemple) : la set list est terminée, le public est chaud bouillant mais on n'accorde pas de deuxième rappel !

Sacrés branleurs d'Anglais tout de même ! On passera toutefois l'éponge (pour cette fois, hein !), le rappel de trois titres - avec au milieu une version réjouissante de Good Golly Miss Molly - permettant de passer une bonne soirée par la suite. Avec en tête cette grande folle géniale de Little Richard en train de vociférer le texte de Tutti Frutti : A Wham Bam Whop Bop-A Lu A Whop Bam Bu. Si ces Messieurs de The Jim Jones Revue veulent remettre le couvert sous peu, ce sera évidemment avec le plus grand plaisir que l'on se déplacera !

A lire également, les chroniques des précédentes Nuits de L'Alligator à la Coopérative de Mai : Buck 65, The Willowz, The Sweet Vandals et Radio Moscow en 2008, Red, Hank Pine & Lily Fawn, Petit Vodo en 2007 et The Baptist Generals, Scott H. Biram, Power Solo, White Hassle, Kenny Brown et The Legendary Tiger Man en 2006.

Sites internet : www.myspace.com/thewarondrugs, www.thewarondrugs.net, www.myspace.com/blackdiamondheavies, www.myspace.com/thejimjonesrevue, www.jimjonesrevue.com, www.lacoope.com, www.myspace.com/lacooperativedemai.

Photos : Flore-Anne Roth.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 23/02/2009

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