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Radio Moscow

+ The Pupils
La Mécanique Ondulatoire (Paris)
mardi 21 avril 2009

Le rock est un éternel recommencement. Prenez le groupe Radio Moscow : ce jeune trio (ils ont à peine plus de 20 ans) de Story City, Iowa n’ont certes pas inventé le rock, mais ils ont cette attitude béate/nonchalante et tellement sincère pour se réapproprier le rock "des anciens" que l’on y adhère dès les premiers riffs de guitare à la sauce relevé hard rock 70’s. C'est pour fêter la sortie de leur deuxième album Brain Cycles, que Radio Moscow est en tournée européenne. Si leur passage à Clermont-Ferrand n'a attiré qu'une quinzaine de personnes, à Paris c'est une bonne centaine de pèlerins (mais pas avec des grosses sandales aux pieds !), dont quelques fans bien décidé à chauffer la cave voûtée de La Mécanique Ondulatoire, qui ont fait le déplacement. Ce qui est cool à La Mécanique, c'est que le lieu fait aussi bar. Ainsi avant les concerts on peu se remplir la pense de houblon ou de raisins pressé (avec amour), descendre les marches pour accéder à la cave sonique et ainsi être dans les meilleures conditions physiques et mentales pour accueillir les groupes.

La soirée débute avec les petits jeunes (16 ans maxi ?) parisiens de The Pupils. Leur style musical c'est le rock sixties garage, avec comme il se doit une petite reprise des Sonics. Sympathique mise en bouche avant d'accueillir Radio Moscow. Une petite pause et nos ricains s'installent timidement sur la petite scène de la salle (à peine surélevé de 30cms !) et dès les premiers riffs, on entre dans le vif du sujet. La musique compacte de Radio Moscow prend sur les planches des envolés, non pas lyriques, mais bien pêchues sans sombrer dans le cliché hard rock. Ils ont plus le look d’étudiants qui zonent dans les rues de Seattle, soit le style J Mascis de Dinosaur Jr. Parker Griggs, leader et chanteur-guitariste du groupe, caché derrière ses long cheveux, allonge sur scène des soli de guitare du meilleur effet -sur l’album il joue de tous les instruments- à faire rougir de plaisir ses maîtres : Hendrix, Led Zep, Scream, Blue Oyster Cult, Deep Purple. En plus, le jeunot chante diablement bien le hard matinée de blues. Tout aussi chevelu (mais avec un bandana à la Bjorn Borg), le bassiste Zach Anderson donne un aspect psychédélique, grâce a sa rythmique lourde et répétitive. En plus sa lourde basse en jette, on a l'impression que son instrument est trop grand pour lui. Quant à Keith Rich, du bout de ses baguettes, il ne caresse pas dans le sens du poil sa batterie zébrée ! Au contraire il frappe comme un demeuré son instrument qui aime ça.

Donc si vous suivez bien le texte, le trio a tous les éléments pour faire exploser les décibels et les tympans. Et bien oui pendant plus d'une heure, c'est du rock lourd et qui tache (sans malgré tout se frotter aux plates-bandes de Mötörhead) qui va faire suer le public et faire bouger les cheveux aux quatre vents. Ce qui est plaisant c'est de voir avec quel aisance technique le groupe nous joue ses morceaux sans pose, ni frime. Quelque part c'est la classe. Ce sera donc sans temps mort que les titres de leurs albums vont être interprétés sous nos yeux et dans nos oreilles. Donc après une prestation sans faute, c'est le rappel de rigueur. Après un court interlude, Parker Griggs change les cordes cassées de sa guitare et nous voilà près à réécouter le son du trio. Seulement voilà, nous sommes en ville (et non pas en pleine cambrousse) et l'heure c'est l'heure, donc trop tard pour un petit morceau de plus. Par contre pourquoi avoir attendu que le groupe soit prêt à jouer pour lui dire qu'il n'y aura pas de rappel ? Bref, il faut penser au sommeil des voisins, qui ont la vie dure en habitant près d'un café-concert. Trop de bruit ! Donc, halte au bruit. Après cette petite frustration, comme celui d'un repas sans dessert, il ne reste plus qu'à rentrer sagement chez nous et finir la soirée à faire, par exemple des petits câlins à "sa moitié" dans un dodo douillet avant de rejoindre le sommeil profond.




www.myspace.com/radiomoscow
www.myspace.com/lamecanique

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 24/04/2009

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