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Anthony Joseph And The Spasm Band, The Buttshakers, Araban, The Glums, Mustang (Fête de la Musique 2009)

Place de Jaude (Clermont-Ferrand)
dimanche 21 juin 2009
Après une après midi folk à l’église de Montferrand et un apéro rock ‘n roll au bar le Bikini, la fête de la Musique à Clermont-Ferrand se poursuivait avec une soirée pop/rock/soul sur deux grandes scènes situées Place de Jaude et Place de la Victoire. Au menu : les infatigables surf rockers d’Araban, le trio yéyé rockab ‘n roll Mustang, la pop classieuse des Glums, la funk ‘ soul de Buttshakers et la rhythm & soul jazz funk d’Anthony Joseph And the Spasm Band… Pas vraiment de quoi s’endormir sur place après une overdose de bière tiède, de merguez pas encore décongelées et de groupes de néo métal rap grunge avec textes engagés en français (quelle plaie universelle, ça) !

La grande scène traditionnellement érigée Place de Jaude à l’initiative de la Mairie de Clermont et de la Coopérative de Mai pour la fête de la Musique est faite pour permettre aux groupes locaux les plus prometteurs de faire leurs débuts devant un très nombreux public. Malgré la - relative - désaffection dudit public cette année (les rangs sont plus clairsemés que les années précédentes, peut être à cause de la fraîcheur amiante ou du fait que, cette année, le 21 juin tombe le jour du seigneur), les trois groupes locaux que nous avons pu voir à l’œuvre ont parfaitement tenu leur rang, malgré quelques soucis techniques, une (trop) grande scène pas exactement conviviale et la pression inhérente à ce genre d’exercice.

Araban

Après des problèmes de son en début de set, les quatre Araban font leur set habituel, semblant se soucier de la pression comme de leur première planche de long board fracassée sur le bitume clermontois. On l’a déjà écrit à maintes reprises, et on le redit ici à l'attention des sourdingues ou des distraits : leurs morceaux sont de véritables tueries, leurs interprétations scéniques sont imparables et leur énergie rock ‘n roll est de nature à botter le cul de n’importe quel fan de surf, de rock et de musique gitane. Certes, on préfèrera toujours les voir sur de plus petites scènes mais cette occasion qui leur était fournie de faire découvrir aux badauds en goguette le remarquable potentiel de leurs compositions a été saisie… et bien saisie !

The Buttshakers

Direction la Place de la Victoire (où se trouve une scène mise en place par la mairie) pour assister à la chaude prestation des Buttshakers, un groupe lyonnais de soul funk rock capable de provoquer la surchauffe des corps et des esprits en quelques poignées de secondes. Sans chercher à se prendre la tête à inventer quoi que ce soit, la très énergique troupe – un groupe de killers et une chanteuse qui tue la mort pour de vrai – fait montre d’une classe, d’une envie de jouer et d’une versatilité franchement réjouissantes. Inspirés par Ike And Tina Turner, Aretha Franklin, Otis Redding et Janis Joplin, les "Remueurs de Cul" justifient leur nom à chaque titre en mettant en contact la soul vintage cuivrée, la funk music groovy et le rock ‘n roll sixties. La voix gorgée d’âme et de vécu, la guitare qui claque, les rythmiques remuantes et les cuivres impeccables contribuent à la création d’un mix ultra épicé. Un mélange de nature à faire bouger n’importe quel être humain normalement constitué à l’insu de son plein gré.

Mustang

Lancés à fond sur l’autoroute du succès (l'A71, celle qui permet aux ploucs de province de Clermont-Fd de relier la capitale des gens qui se croient supérieurs en tout, Paris), le groupe Mustang prouve encore une fois que son surf rockabilly stoogien en français posséde un putain de potentiel pour cartonner. A force de tourner, le trio a progressé de manière remarquable, rendant ses titres toujours plus percutants (même si c’est un peu tôt pour les jouer sur une scène aussi immense), qu’ils soient d’obédience "rock ‘n roll in french" chanté à la Elvis, surf ‘n roll à la Shadows, électro rock façon Suicide, slow langoureux à la Roy Orbison/Nino Ferrer ou Diddley beat rencontrant Ron Asheton des Stooges… En alternant de manière inspirée et énergique leurs propres titres en français (bientôt réunis sur l’album intitulé A71) et leurs jolies reprises (Don Cavalli, instrumentaux surf rock etc), Mustang montre qu’il en a dans la pantalon et n’a cure des critiques de ses détracteurs (qui les traitent de nouveaux Forbans ou Jesse Garon). Les titres de Mustang électrisent ou émeuvent immanquablement, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et particulièrement aux deux "artistes" cités à l’instant… Malgré la très dommageable coupure de son en plein milieu de son set, le trio clermontois a fait ce qu’il fallait pour marquer son auditoire.

The Glums

Jeunes, beaux, doués, influencés par des groupes classieux, soutenus par la Coopérative de Mai, les Glums ont, comme Mustang, tous les atouts en main pour réussir… et énerver. Sur la scène de la Place de Jaude, le groupe basé à Clermont-Fd et Aurillac a franchi une nouvelle étape dans son ascension pour devenir les Oasis français (avec, on l’espère, moins de problème d’égo, de drogues, de cervicales broyées à cause d’un micro placé trop haut et de chant alcoolisé faux). Même remarque que pour les autres groupes : il aurait été plus agréable de le voir jouer sur une scène plus intimiste, mais force est de constater que les chansons à la Beatles des Glums ont le potentiel pour séduire les foules. Ces morceaux-là ont tout pour emporter l’adhésion : des mélodies catchy, des structures imparables, un chant joliment arrogant, des chœurs célestes, des rythmiques en place et un orgue entraînant. N’en jetez plus, la coupe est pleine - à ras bord - de qualités ! Devant un telle démonstration de forme musicale olympique (et dans des conditions pas forcément idéales), on aurait presque envie de faire comme les jeunes fans du groupe : jeter ses sous vêtements sur scène pour marquer son approbation ! Mais la température, peu clémente pour un 21 juin, nous empêche fort heureusement de commettre l’irréparable…

Anthony Joseph And the Spasm Band

Fin de soirée maxi groovy avec l’ébouriffante revue soul jazz d’Anthony Joseph And the Spasm Band sur la scène de la Place de Victoire, avec en fond visuel la très gothique cathédrale de Clermont-Ferrand. L’ambiance est à la transe purificatrice, avec une flopée de titres entre jazz classieux, soul blaxploitation et funk vintage, des morceaux donnant envie de danser jusqu’au bout de la nuit. Dans un seul et unique but : atteindre une communion entre les corps et les âmes, faisant passer au second plan les pensées négatives, les énervements quotidiens et les sinistres comportements que peut avoir la race humaine sur Terre… Avec sa "positive attitude", ses "good vibrations", sa bonne humeur, sa voix en or, ses compositions étourdissantes et son groupe de professionnels aguerris à toutes les joutes scéniques, Anthony Joseph réussit à faire monter la température de quelques précieux degrés. Une très agréable façon de dire "au revoir" à la Fête de la Musique…

Sites Internet : www.myspace.com/arabanband, www.myspace.com/thebuttshakers, www.myspace.com/legroupemustang, www.myspace.com/theglums, www.myspace.com/adjoseph.

Photos d'archives extraites des sites myspace (sauf la photo d'Araban place de Jaude signée Jean-Charles Belmont)



auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 28/06/2009

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