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James Chance & The Contorsions

Fondation Cartier (Paris)
jeudi 15 Octobre 2009

Une fois de plus le lieu culturel Fondation Cartier nous a gâtés avec une de ses "soirées nomades" consacré à James Chance. C'est dans le cadre de l'exposition Né dans la rue consacré aux graffitis, que cette soirée a eu lieu. Cela commence avec la projection du film Downtown 81 d'Edo Bertoglio et produit par Maripol, présente dans la soirée. Si la projection est de qualité DVD et nom pas en pellicule, cela n'empêche pas d'apprécier ce témoignage/documentaire de New York années 79/81 aux murs graphités, aux no man's land urbains dû aux quartiers abandonnés et en friches. La particularité du film est d'avoir comme guide Jean-Michel Basquiat alors âgé de 19 ans et pas encore très connu en dehors de NYC. Il se ballade dans le NYC downtown pour vendre un tableau qui lui servira à payer son loyer. Avec en voix off, le slammeur Saul Williams, sur le chemin notre artiste rencontre les groupes Tuxedomoon, The Plastics, Kid Creole, John Lurie, DNA, Tav Falco, Deborah Harry en clocharde (sic) qui se transforme en fée (ouf) et James White & The Blacks. Ce qui nous amène après la projection du film au concert.

James Chance (ou James White) a fait parti avec Lydia Lunch, DNA, Mars, Liquid Liquid de la scène "no-wave" de NYC. Ce style musical avait la particularité de mélanger le punk avec le jazz, la soul le funk et l'expérimental free. Sonic Youth en aura retenu les bases pour son travail et LCD Soundsystem aura redonné un coup de neuf au genre. La force musicale de James Chance c'est la rythmique esprit "do it yourself" issu de l'after punk, mélangé avec de la soul et du free jazz chaotique. Le rendu scénique de cette musique est encore jouissif à souhait.
Depuis 1977, James Chance a pris pas mal de bouteille (au sens propre comme au figuré). Aujourd'hui son physique est plus proche du chanteur pour guinguettes des bords de Marne, que du punk arty. Sa banane est un peu déconfite, et son costard souffre car noyé par sa transpiration huileuse.
Accompagné par d'excellents musiciens recruté pour le concert, James Chance dirige la barque tel un James Brown avec son groupe JB's, soit le boss au commande. Si au premier abord son style vestimentaire et sa façon de danser prête à sourire, assez rapidement, on se rend compte que l'on a affaire à une bête/un professionnel de la scène, qui transmet au public son sens du rythme et du contact charnel. Il joue du sax et du synthé comme si un courant électrique le traversait et il chante comme un écorché vif absorbé par une folie diabolique. Il est en totale trans et là rien ne l’arrête. Il est même parfois insolent envers ses musiciens. Mais le principal c'est qu'il se donne à 100% au public, qui est sage au début mais qui va rapidement réagir à ce James Brown blanc sous LSD. Maripol, devant avec sa caméra ne perd pas une miette du concert, et réclame plus de lumière pour éclairer les images qu'elle filme.

Après 32 ans d'activité, James Chance garde encore cette flamme insolente, qui ensorcelle le public. Passant du synthé au sax, puis quelque pas de danse d'étonnant, puis une gorgé de crème de whisky (rempli de glaçons) et pour finir sur chaque conclusion de morceau, une petite note basique de sax, notre James Dean pour "retraités" impressionne. Les musiciens sont au service du maitre de cérémonie. Donc ils s'exécutent à chaque exigence du James, qui a vraiment de la chance d'avoir d'aussi bons musiciens.
Une fois de plus à Paris (après BBMix en 2005, et la soirée Agnès B aux Voûtes en 2006), James Chance gâte son public en lui donnant toute son âme, son énergie inépuisable. Ce mec à un "truc" si attachant qu'on aimerait en faire un ami. Et avec lui c'est clair que notre vie devient à son contact.. 100% rock 'n' roll. Le vrai, pas celui qui fait vendre des lunettes de soleil, des vêtements ou encore des voitures. James…respect !




www.myspace.com/jameschanceeuropetour
fondation.cartier.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 20/10/2009

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