01/04/2020  |  5336 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 31/03/2020 à 16:30:49
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Fink, Revolver, Sammy Decoster

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mercredi 14 octobre 2009
Jolie soirée entre pop, folk, trip hop et rock avec Sammy Decoster, Revolver et Fink dans le club de la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand… Si tout ne nous a pas autant séduit que la prestation exceptionnelle de Fink, la présence d’un public relativement nombreux pour assister à des concerts d’artistes émergents ou encore peu connus avait de quoi faire chaud au cœur. Compte rendu...

Sammy Decoster, il manque quelque chose…

Arrivé après le début du "show" de Sammy Decoster en solo, on remarque instantanément que le jeune nordiste au physique de beau gosse rebelle persévère dans un style qui ne nous avait pas enthousiasmé ici même, aux Transmusicales de Rennes 2008 ou au Printemps de Bourges 2009. Malgré de bons morceaux (Savannah Bay, The Drive…), une voix remarquable et un jeu de guitare percutant, il manque quelque chose : de la simplicité dans la manière de se comporter sur scène et une plus grande sobriété dans la façon de chanter (les hurlements de gros chat enroué n’apportant pas grand-chose à l’ensemble) et d’écrire les textes. Il y a aussi ce côté songwriter torturé se remettant la mèche en désordre toutes les 30 secondes qui est un peu énervant, mais cela peut s’expliquer par la nervosité d’avoir à jouer sans groupe (c'est la crise !). D’ailleurs, quand le batteur de Revolver vient apporter sa contribution sur le dernier morceau, on sent Sammy Decoster plus serein, tout en remarquant l’apport inestimable d’un rythmique digne de ce nom. Sentiment mitigé donc à l’issue du concert de Sammy Decoster, qui prouvera néanmoins son talent vocal en compagnie de Revolver, pour une version débranchée et sobre du Love me tender d’Elvis (grosse influence du monsieur) chantée au milieu du public…

Revolver, un concert laissant entrevoir un avenir radieux.

Malgré quelques problèmes techniques (craquements récurrents dans la sono, micros récalcitrants... ), le groupe Revolver n’a eu aucun mal à démontrer ses réelles capacités pour trousser des morceaux entre pop délicate, rock minimaliste et musique de chambre. La prometteuse jeunesse des quatre parisiens - lookés Beatles un peu trop proprets - et la grosse tournée dans laquelle ils se lancent devrait leur permettre de hausser le niveau de leurs prestations scéniques, un peu timides et ternes parfois. Il manque en effet un peu de peps, d’énergie et de chaleur à certains morceaux, pourtant joués avec classe par des musiciens vraiment doués. Après quelques réglages et un nécessaire temps de chauffe, Revolver hausse clairement son niveau et n’a aucun mal à faire dodeliner de la tête son public. Il faut dire que les tubes Get Around Town, Leave me alone, Balulalow, Back To You, Do You Have A gun et Birds in Dm (présents sur l’album Music For a While) ont tout pour charmer : superbes harmonies vocales, rythmes sautillants ou alanguis et arrangements classieux (piano, violoncelle, guitares sèches et électriques, batterie). Jusque dans son choix de reprise - This Boy des Beatles (LA référence du groupe, avec Elliott Smith et les Kinks) - ce groupe a la classe, il ne lui manque qu’un peu plus d’âme et de moëlle – cela s’acquiert avec le temps – pour passer dans la catégorie supérieure… Ce concert laissant entrevoir un avenir radieux se termine par la reprise d’Elvis - évoquée plus haut - en compagnie de l'ami Sammy Decoster, un beau moment…

Fink, capable du meilleur comme de l’excellent...

Habitué à tourner sans relâche et ayant déjà plusieurs albums à son actif, Fink a montré peu après l’écart qui existe souvent entre un artiste accompli et des musiciens en passe de le devenir. Grâce à sa voix évocatrice, puissante et parfaitement maîtrisée, à un groupe carrément miraculeux et à des morceaux versatiles évoluant entre folk n’ blues rigoriste, trip hop brumeux et dub aérien, Fink a littéralement "laissé sur le cul" son auditoire, impressionné par un tel étalage de talents protéiformes. Capable du meilleur comme de l’excellent (pas une seule baisse de régime à signaler !), le trio dont Fink est le leader/chanteur/guitariste tutoie les sommets pendant la totalité de son set. Avec sa voix à la fois douce, mélancolique et son jeu de guitare percussif (entre JJ Cale et Keziah Jones), l’homme se présentant façon punk traveler (crête, treillis… ) est véritablement en osmose avec son batteur et son bassiste. La petite troupe réussit en effet à envoyer le public dans des montagnes russes tout à tour folk blues rock, trip hop (on pense souvent à Massive Attack) ou dub, et ce grâce à un jeu aussi sobre que très varié mais aussi à l’utilisation à bon escient de nombreux effets sonores… Très simples, accessibles et drôles, Fink et ses musiciens laissent l’assistance en état avancé de vol plané euphorisant, non sans avoir accordé un impeccable rappel. Qui met un joli point final à une soirée comme on aimerait en voir plus souvent.

Sites Internet : www.myspace.com/finkmusic, www.myspace.com/popdechambre, www.myspace.com/sammydecoster.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 20/10/2009

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