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Vandaveer, Régis Turner

Le Rat Pack (Clermont-Ferrand)
jeudi 15 octobre 2009

Affiche impeccable au Rat Pack à Clermont-Ferrand, le jeudi 15 octobre 2009 : une très belle découverte bien foutraque, le régional de l’étape Régis Turner et l’excellent duo folk pop Vandaveer… Ceux qui avaient préféré se déplacer rue de l’Ange plutôt qu’à la Coopé (Mustang, Araban, Cracbooms… ), au centre Camille Claudel (Sinner Sinners, Niandra Lades, Mr No…) ou au Métro (Power Solo, Araban, Kokomo’s) n’ont pas eu à le regretter, bien au contraire !

Régis Turner, "C’est le moment où je dois décider si je continue… ou pas. "

Il n’y a pas grand monde au Rat Pack en ce début de soirée mais Régis Turner est tétanisé par l’enjeu, et on le comprend, c’est son tout premier concert ! Ce grand gamin coiffé comme Joey Ramone, dégingandé comme Thurston Moore, maniant la six cordes Ibanez comme un Kurt Cobain ado et improvisant ses morceaux à la Beck première période a fait bonne impression, malgré un jeu de guitare de débutant, des approximations techniques touchantes (vas y que je débranche l’effet de la guitare pour le rebrancher sur les claviers en plein morceau… ) et une attitude assez étrange de gamin torturé… L’essentiel est pourtant là : Régis Turner a des idées de morceaux très intéressantes, son parti pris "LO FI expérimental" capte l'attention et ses bidouillages avec son autosampler sont à la fois drôles, décalés et bien foutus.

Il se passe quelque chose quand il joue et l’on a envie de suivre la suite de ses aventures musicales, c’est aussi simple que cela ! Ses compositions évoquent en effet une rencontre entre le folk n’ blues antique, la pop borderline, le rock sans fioritures, l’électro joliment barrée et les expérimentations sonores à des années lumières du mainstream : un cocktail explosif servi avec moult paroles (en anglais) bizarroïdes et lasses, sans oublier de petits discours aussi nonchalants que réjouissants. Par exemple vers la fin de son concert, Régis Turner déclare : "C’est le moment où je dois décider si je continue… ou pas." sur un ton extra terrestre. Un membre du public dit "oui, continue !" et après trente secondes d’intense réflexion, la réponse arrive "Bon, ben... je continue." S’en suit une poignée de morceaux dans la lignée des précédents. Des morceaux qui donnent envie de dire à Régis de continuer à faire des concerts.

Vandaveer, Et tout le monde est aux anges !

Juste après ce moment à la fois marrant et rafraîchissant, le duo américain Vandaveer monte sur la minuscule scène et commence à jouer ses morceaux magistraux, entre folk dylanien, pop n’ blues rythmé et rock aussi boisé que délicat. Habillé très classe, beau comme un dieu, arborant barbe et cheveux noirs, souriant et doté d’une voix superbe, Mark Charles Heidinger mène la danse au micro et à la guitare sèche. A côté de lui, Rose Guerin (cheveux roses, habillées comme une fermière du mid west frigorifiée : bottes en peau de bête, pull informe, fichu sur la tête… ) est dans un mauvais jour : elle tire une gueule de trois mètres et semble s’emmerder ferme. Pas très agréable à regarder… Mais comme elle chante très bien – façon country folk girl habitée –, et qu’elle a pour excuse un trajet Bordeaux Paris rocambolesque (3 trains différents, 1 bus : merci la SNCF !), on passe l’éponge. Et on apprécie la démonstration de haute volée du duo : morceaux bien écrits, mélodies accrocheuses, voix magiquement versatiles (malgré un son assez mal réglé), fréquents changements d’atmosphères et de rythmes… Le maigre public est rapidement bluffé par la prestation de Vandaveer. Reste le problème de Rose, qui continue à bouder, et qui a droit à quelques remarques en aparté de Mark Charles. Après avoir enlevé son pull (et ainsi dévoilé une opulente poitrine à la Dolly Parton…), la très douée vocaliste semble mieux respirer et presque apprécier le fait d’être sur scène.

Et là le concert - déjà excellent - prend des atours de happening ou de fête entre potes : le chanteur incite le public à pousser Rose à chanter seule (après s’être fait prier, elle interprète joliment I’ll be your baby tonight de Dylan), se lance dans un morceau de son premier groupe (il a du mal à s’en souvenir !), puis demande si quelqu’un à une requête particulière au niveau de la set list. Non, personne n'a d'idée. Il se lance donc dans le fameux riff d’Enter Sandman de Metallica, riff qui sera rejoué 4 ou 5 fois un peu plus tard, pour faire rire le public. Sur scène et dans la salle, tout le monde est aux anges ! Le concert se termine par un rappel débranché au milieu du public, un rappel où l’éclatante classe de Vandaveer saute une fois de plus aux yeux. Excellentes sur scène, les folk pop songs de ce duo d'exception sont aussi à savourer sur le disque Divide & Conquer.

Sites Internet : www.myspace.com/ratpackclub (programmation, liens, écoute etc), www.facebook.com/leratpack, www.myspace.com/vandaveer, www.myspace.com/registurner.

Photos extraites de sites myspace des artistes...




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 20/10/2009

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