29/03/2020  |  5333 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 28/03/2020 à 15:36:48
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Radiohead

+ Low
Arènes (Nîmes)
14 juillet 2003

Dans des conditions à peu près similaires (Théâtre antique de Vaison la Romaine), nous les avions connus éblouissants, même par écran géant interposé (le concert avait fait, à l'époque, l'objet d'une retransmission dans les conditions du direct dans certaines salles de concert de France et de Navarre).

Une semaine après leur performance estomaquante des Eurockéennes, le quintet d'Oxford allait-il repousser encore plus loin les limites de l'excellence ?

Après l'intéressante prestation des américains de Low, qui ne retiennent que modérément l'attention d'un public venu avant tout pour voir le Messie Thom (des apostrophes, assez risibles, pleuvent : "pourquoi c'est pas Muse en première partie ?"), la tension monte crescendo, entre quelques Hola magnifiées par cette arène où s'expriment plus souvent toreros que superstars du rock'n'roll circus.

22h20 : le moment tant attendu par les 8 à 10000 spectateurs présents arrive enfin : sous un lancinant instrumental electro, Radiohead fait son apparition. Les voûtes des arènes magnifiquement illuminées, un ciel étoilé, un public enthousiaste, tout est réuni pour passer une soirée mémorable.

Las, d'entrée, malgré un There There martial, splendidement réarrangé, le son manque de précision, et la voix de Thom, que d'aucuns trouvent déjà insupportable sur disque, horripile plus souvent qu'à son tour (trop d'effets tuent l'effet) ...

Les 2 titres qui suivent (2+2=5, explosif, et Lucky, comme toujours émouvant) sont eux-aussi gâchés par des approximations dans la balance étonnantes de la part d'un ingé-son qui avait sû faire résonner de la meilleure des façons les baffles de la grande scène de Belfort (et le challenge y était beaucoup plus difficile).

Mais plus que ce léger agacement, c'est le déroulement du show en lui-même qui trahit les invraisemblables attentes : on sent la mécanique parfaitement huilée (trop ?), le light-show (époustouflant) n'a plus qu'à se caler en séquence sur la musique (à moins que ce ne soit l'inverse) et les danses de Saint-Guy du p'tit Thom, pourtant hallucinantes, sont trop téléphonées pour être honnêtes (on devine les injonctions dans l'oreillette du tour-manager : "Come on, Thom, do the show ! ")
Les maracas lancés par un technicien zélé qui surgissent comme par enchantement à chacun des couplets de Paranoid Android, évitant à un Ed O'Brien assez étonnamment absent (Jonny Greenwood a manifestement pris le leadership du backing-band) quelques périlleuses contorsions, comme le déroulement remarquablement huilé des rappels, finissent par lasser.

2h00 de live, pas une seconde de plus ou de moins : ce doit être marqué dans le contrat du groupe, et celui-ci l'exécute au pied de la lettre, malgré le brio du public (le silence de mort sur l'intro d'Exit Music (for a film), attaquée par Thom seul à la guitare est à coup sûr le plus beau moment de la soirée)

La set-list, sans surprises, aurait gagné à plus de diversité : on assure abondamment la promotion du dernier en date, Hail to the thief, assénant sans vergogne certains de ses morceaux faiblards (Scatterbrain notamment, assez pathétique) et des extraits d'autres galettes dont on se serait volontiers passé (kid a " dedicated to the Bastille Day ", euh, merci Thom !)

Il manque des incontournables (Just notamment) de la période à guitares du groupe : les expérimentations prog-rock, c'est peut-être très joli, mais quand cela vire à la vile esbroufe, on cautionne un peu moins !

Et si, finalement, la meilleure chanson du soir n'était autre qu'After the Gold Rush, du vétéran Neil Young, magnifique ouverture d' Everything in its right place ?

Set-list :

there there
2+2=5
lucky
talk show host
scatterbrain
national anthem
backdrifts
kid a
my iron lung
sail to the moon
no surprises
where i end and you begin
go to sleep
exit music (for a film)
paranoid android
idioteque
after the gold rush / everything in its right place

rappel :

i will
the gloaming
bones
the tourist

rappel :

sit down, stand up
karma police

rappel :

fake plastic trees


www.radiohead.com/
www.air-radiohead.com/
www.nepasavaler.net/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 15/07/2003

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