29/03/2020  |  5333 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 28/03/2020 à 15:36:48
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Black Rebel Motorcycle Club + The Good The Bad

Elysée-Montmartre (Paris)
1er décembre 2010

Fin de tournée mondiale en forme olympique pour Black Rebel Motorcycle Club à l'Elysée-Montmartre, une salle parisienne bondée, chaleureuse et parfaite pour accueillir le show surpuissant et classe des ténébreux Américains. En ce 1er décembre 2010 particulièrement froid (il neige sur le boulevard de Rochechouart), juste après la prestation surf rock des prometteurs danois de The Good The Bad en ouverture, BRMC a pris soin de concocter un cocktail sonico rock 'n roll particulièrement roboratif, revitalisant, excitant et percutant. Le genre de truc qui te booste sévèrement et te fait oublier tout le reste...

The Good The Bad : du surf rock instrumental basique, mais gonflés aux stéroïdes heavy rock et à la dissonance.

Aux questions, "Y'a-t-il une première partie ? Elle joue à quelle heure ? Le nom du groupe ?", un aimable et mélomane vigile de l'Elysée Montmartre nous répond avec lassitude : "Oui, à 19h30, c'est le même style que l'autre groupe qui joue après, à 20h30." Merci pour ces précisions très précises et précieuses ! Un peu avant l'heure annoncée par ce grand ami du rock et du roll, un trio surf rock mâtiné de rock bruitiste et de heavy rock fait son apparition sur scène : The Good The Bad, c'est à dire Adam Olsson, Johan Lei Gellett et Manoj Ramdas, une bande de beaux gosses poseurs danois, beaux et pas maladroits pour faire un boucan d'enfer. C'est du surf rock instrumental basique, mais gonflés aux stéroïdes heavy rock et à la dissonance. Link Wray et les Shadows auraient aimé que leur musique soit ainsi bousculée, prise sauvagement et allègrement retournée comme une crêpe pour faire naitre de sauvages titres qui déménagent. Et ce malgré des problèmes de sonorisation de la batterie ce soir. Le leader guitariste - un peu trop bavard et hâbleur mais on mettra ça sur le compte de la jeunesse - a en plus la particularité d'être le sosie de Brett Anderson au début de sa carrière (un jeune éphèbe à mèche !), et d'avoir le sens de la pose qui tue avec sa guitare... Ce qui fait que la partie visuelle de cette première partie (agrémentée par un batteur cogneur et torse nu, sans oublier un bassiste/guitariste "Barytone" énervé) est du niveau de la partie musicale ! A découvrir dans un petit club, plus chaud que L'Elysée Montmartre en train de se remplir !

Black Rebel Motorcycle Club : une épopée sonique de presque deux heures...

Aux alentours de 20h30, Black Rebel Motorcycle Club fait son apparition sur scène dans un nuage de fumée et sous des lumières très tamisées... Le trio américain composé de Robert Turner, Peter Hayes et Leah Shapiro se lance ensuite dans un set digne d'une épopée sonique de presque deux heures, et ce malgré la fatigue inhérente à une tournée parcourant le globe depuis de longs mois... Dès les deux premiers titres, le maléfique, lancinant et menaçant 666 Conducer et le surpuissant, lourd et enlevé Mama Taught Me Better, le ton est donné : le son est très fort (à la toute fin du premier, la sono saute d'ailleurs brièvement !), le groupe est en forme, les morceaux sont étirés et la set list va proposer un panorama complet sur la discographie de BRMC de ses brillants balbutiements jusqu'à son excellent dernier opus Beat The Devil's Tatoo, en alternant les titres très rock 'n roll, ceux plus psychédéliques et quelques instants de calmes folk ou country (guitares boisées, voix plus poignantes, harmonica etc). Même en ayant vu le combo sur scène deux fois cette année – à la Coopérative de Mai et à Rock en Seine –, aucune lassitude à l'horizon : les morceaux interprétés sont différents et des surprises sont au rendez-vous...

Une séance pour le moins excitante de va et vient entre violence bruitiste, psychédélisme envoutant et travail au corps rock 'n roll....

Après avoir régalé la foule compacte de l'Elysée Montmartre avec des titres aussi jouissifs que Beat The Devil's Tattoo, Ain'st No easy Way, Bad Blood, Berlin, Weapon Of Choice et le toujours essentiel Whatever Happened To My Rock 'n roll, Robert, Peter et Leah, parfaits chacun dans leurs rôles (chant plein de morgue de violence ou d'émotion, guitares monstrueuses ou fines, basses démoniaques, batterie musclée ou subtile) décident de ralentir la cadence et de proposer quelques passages acoustiques. S'ensuit une superbe version folk de Dirty Old Town des Pogues et le quasi gospel country Devi'ls Wainting. Avant que le sombre vaisseau scénique ne reparte pour une séance pour le moins excitante de va et vient entre violence bruitiste, psychédélisme envoutant et travail au corps rock 'n roll. Oui, Howl, Conscience Killer, Six barrel Shotgun et Spread the Love ça fait vraiment de l'effet ! A un mètre devant nous, une grande et jeune brune habillée en noir (normal, hein, pour ce groupe avec "Black" dans le nom !) fait carrément l'amour en rythme avec la musique ; elle se tord de plaisir en se prenant la tête, tout en ondulant son corps de manière suggestive...

Les yeux brillants à la fin du show.

Le pouvoir sexuel de la musique de BRMC a encore frappé ! Et ce n'est pas le très bon rappel (In Like The Rose, Shadows Kepper, The Line, Open Invitation) qui va faire retomber l'excitation quand les lumières se rallument ! C'est même exactement l'inverse qui se produit. Une grande partie du public se retrouve avec les yeux brillants à la fin du show, et tout le monde se rue sur le stand merchandising, littéralement pris d'assaut. Comme l'Elysée Montmartre par Black Rebel Motorcycle Club...

Liens : www.myspace.com/tgtb, www.agirlcalled030.com (une vidéo salée de The Good The Bad où une jeune fille nue fait l'amour avec une guitare électrique... ), http://thegood-thebad.com/blog, www.facebook.com/TGTBFB, www.facebook.com/pages/Black-Rebel-Motorcycle-Club, www.blackrebelmotorcycleclub.com, www.myspace.com/blackrebelmotorcycleclub.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/02/2011

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