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Lentonia release party

+ Unison
+ Cercueil
+ GHXST, La Chatte
La Flèche d’Or (Paris)
10 septembre 2011

Pour célébrer la sortie du premier album du groupe Unison, leur label Lentonia Records a organisé à la Flèche D’Or une Release Party. A l’affiche de la soirée, GHXST, Cercueil, La Chatte et Unison, quatre groupes qui partagent un seul et même point commun : être conduit par une chanteuse.

Les festivités commencent avec le trio new-yorkais GHXST (qu’on prononce Ghost). Malheureusement, leur premier concert à Paris (et peut être même en France), se fera devant à peine 20 personnes. Il faut dire qu’en ce samedi 10 septembre le soleil a brillé jusqu’à tard, les parisiens ont donc préféré profiter de ses derniers rayons en terrasse (plutôt que dans des salles obscures), sans oublier le festival We Love Green qui se déroule en même temps dans le parc de Bagatelle. Ajoutons également que GHXST est totalement inconnu sur nos terres, leur premier album Evilwickeddesre ne sera pas distribué en France avant fin octobre par Desire Records.
Les trois GHXST, habillés tout en noir, font une musique noise très urbaine. Ils reprennent la tradition de leur grand père du Velvet Underground avec une attitude proche de Jesus & Mary Chain , notamment le batteur qui joue debout en tapant sur deux caisses. La voix de la chanteuse (au teint blafard) est noyée dans les larsens et les fuzzs dissonants du guitariste. La rythmique est répétitive/primitive, proche de l’indus. Les fracas shoegaze de leur musique ne sont certes pas nouveaux dans les sphères du rock, mais leur jeunesse et leur attitude évasive, comme s’ils étaient perdus dans leurs cauchemars, donnent à leur style suffisamment d’arrogance pour nous téléporter dans les rues sombres de New-York à la veille des commémorations du 11 septembre. Verdict, bonne surprise si on est amateur de noise sombre et de shoegaze.

Une pose bar/clope et hop on enchaine avec Cercueil. La dernière fois qu’on les avait vus c’était en première partie de Marc Hurtado/Alan Vega à La Machine pleine à craquer. Ce soir, c’est moins chaud bouillant, malgré tout le public rempli petit à petit la salle. La new-wave cold de Cercueil (en effet avec un tel nom comment imaginer un groupe de reggae ou de country) prend sur scène une dimension harmonique des plus agréable à l’oreille. La voix de Pénélope proche de celle de Siouxsie (sur ce terrain, on vous conseille aussi d’écouter Zola Jesus ), enveloppe l’air de la salle avec éclat. Dernière la voix brumeuse, le batteur (qui porte un t-shirt de Dinosaur Jr ) frappe comme un possédé. Il a le bras lourd. Le mix new cold wave et noise rock est chez Cercueil une petite réussite qui a notamment séduit GHXST présent et curieux d’écouter la cold (ou l’alcool ?) lilloise de Cercueil.

Re pose bar/clope, visite au merchandising pour une petite discussion avec les membres des labels Lentonia Record et Le Son Du Maquis. Et voilà déjà Unison installé sur la scène.
Le groupe est là pour présenter leur premier album, qui leur a demandé deux ans de travail. Donc sûrement beaucoup de stress, d’émotion pour présenter en live les titres devant le public et les amis. Unison est un duo, et pour le concert une 3ème personne (à l’ordinateur et à la guitare) s’est jointe à eux. Au chant Mélanie Moran vêtue d’une robe noir style année 30 (elle fait penser à Ruth Rosenthal de Winter Family), à la guitare le barbu Julien Camarena stylé rock indé hardcore, soit le t-shirt/jean. C’est dans la pénombre bleutée que le groupe va nous interpréter leurs titres mélancoliques et joliment noise. Mélanie possède une petite voix aérienne limite fragile mais aussi très cinématographique. On l’entendrait bien murmurer sur la BO de Twin Peaks. Son corps bouge avec poésie et son visage mystérieux rayonne. On dirait Edith Piaf sous l’emprise de la musique cold wave. Derrière la voix « frêle », la musique noise et brumeuse envoie des nappes de larsens qui bouillonnent à travers nos neurones. Ici « la messe pour le temps présent » est noyée dans une ambiance sombre, sensuelle presque érotique. Julien concentré sur sa guitare, transpire à grosses gouttes tandis que Mélanie flotte dans les airs telle une petite fille perdue dans les bois. La musique d’Unison est plus mentale que physique. A la fin du concert, Mélanie fait un petit commentaire pour remercier le public d’être venu les soutenir. Elle a le sourire, elle est ému, le stress est parti. Belle prestation!

La soirée s’achève avec La Chatte. Ce trio avec la chanteuse Vava Dudu qui, au visage masqué et avec un corps de cantatrice, fait une musique pas facile à décrire, une sorte de post punk discoïde baroque et expérimentale. Vava ne chante pas vraiment, elle pousse des cris, marmonne un charabia répétitif. Le public a l’air d’apprécier et remue des hanches et des bras sous le rock transgressif de La Chatte. Après deux titres, la transition musicale avec les autres groupes de la soirée est pour nous trop dure. Nos oreilles en ont eu assez pour la soirée.

Au final, trois groupes sur quatre qui nous ont bien plus, soit une bien belle soirée sous le signe du féminin cold wave, un brin rafraîchissant après cette chaude journée de septembre.

(Chronique de l’album d’Unison ici:)

(Vidéo du concert Unison réalisé par le groupe ici:)

(Interview de Cercueil ici:)

Photos de Paskal Larsen


weareunison.com/
myspace.com/cercueil
ghxstmusic.bandcamp.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 13/09/2011

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