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Cat Power + Ólafur Arnalds (Festival Days Off 2011)

Salle Pleyel (Paris)
dimanche 3 juillet

Cat Power en état de grâce...

Extraordinaire concert de l'éternellement surprenante Cat Power - en état de grâce - dans le cadre majestueux de la salle Pleyel à Paris, à l'occasion du festival Days Off... Signe que le show de Cat Power – vue en concert de nombreuses fois de 1996 à 2008 pour des prestations soit réussies soit à moitié ratées, mais toujours illuminées par des instants de beauté uniques – était exceptionnel, deux jours après, on n'arrête pas d'y penser et d'écouter ses disques en boucle. Récit d'un live d'anthologie...

Et là, c'est un petit miracle de deux heures qui se produit...

Après une super belle première partie assurée par l'hyper doué songwriter pianiste Ólafur Arnalds et ses musiciens – qui offrent au public de mini symphonies instrumentales entre musique classique onirique, pop échevelée et électro étrange, délivrées avec piano, cordes et machines et évoquant Sigur Ros et Radiohead, –, une très longue attente (viendra, viendra pas ? ) s'ensuit... Puis Chan Marshall et ses précieux musiciens, le Dirty Delta Blues avec Judah Bauer de Jon Spencer Blues Explosion, un excellent batteur, un bassiste remarquable et un divin organiste, arrivent sur scène... Et là, c'est un petit miracle de deux heures qui se produit : la magie opère quasiment dès le début ! C'est la symbiose totale entre la voix magique de Cat Power et la musique de son combo country blues folk rock 'n soul. La troupe se lance dans un set en deux parties où les titres les plus marquants de la belle native du Sud des Etats Unis et des reprises de ses héros sont joués de manière flottante, destructurée et sidérante. Ceux qui attendaient un concert propre et carré sont déçus, comme toujours, mais ceux qui aiment se faire bousculer par un artiste en proie au doute existentiel en sont tout retournés. Malgré un ou deux courts passages un peu trop borderline, le souffle émotionnel qui habite chaque interprétation est à tomber à la renverse et de nature à rendre encore plus amoureux de l'univers de ce petit bout de femme. Qui en scène se trimballe maladroitement tout en dansant bizarrement, sans oublier de vivre chaque mot chanté comme si sa vie en dépendait...

La voix de Cat Power n'est rien moins que bouleversante...

Ce soir, salle Pleyel, la voix de Cat Power n'est rien moins que bouleversante ; à chaque début de chanson l'on se dit que celle qui vénère plus que tout au monde Aretha Franklin, Al Green, Janis Joplin, Mick Jagger & Keith Richards, Bob Dylan, Joni Mitchell et Billie Holiday risque tôt ou tard de faire partie de ce cercle très fermé... En tout cas, le son qu'elle prodigue généreusement ce soir à ses fans est un pur bonheur : l'on se croirait à une très inspirée jam session à Nashville, Tennessee avec des musiciens fans des Rolling Stones et des plus grands bluesmen... Pour soutenir son illustre chanteuse, le flegmatique guitariste Judah Bauer décoche sobrement et toujours à propos quelques riffs ou rythmiques bien sentis, tandis que le batteur sait se monter caressant, discret, virtuose ou très présent, que le bassiste marque le rythme de manière admirablement basique avant de faire vrombir son instrument et que l'organiste/guitariste, qui est juste un putain de génie, fait tout à la perfection, avec un son versatile et classieux... D'ailleurs, sa participation à la très brillante relecture de The Greatest avec une ambiance typiquement orgue Hammond est un modèle du genre. Et ce morceau est un des nombreux sommets du concert, au même titre que la version d'I Wanna Be Your Dog des Stooges (en version country folk blues avec Chan Marshall à la guitare en renfort du groupe), que la poignante chanson en espagnol, Angelitos Negros, et l'inestimable I Don't Blame You (les deux jouées en final), que les reprises de Fletwood Mac, Dreams, Billie Holiday, Don't explain et Janis Joplin, Woman Left Lonely, ou encore que l'interprétation du très beau Song To Bobby... Un bien bel exemple de classe, d'humilité et de partage.

Il faut bien avouer que pendant ce set qui fera date de nombreux frissons d'émotion et de joie parcourent notre corps et que nos yeux commencent à s'humecter en une ou deux occasions... A la fin, Cat Power revient saluer très longuement (10 minutes ?) son public - en mode standing ovation -, pour lui offrir des fleurs, dire quelques mots à chacun et citer le noms de ses musiciens... Un bien bel exemple de classe, d'humilité et de partage.

Liens : http://olafurarnalds.com, http://catpowerjukebox.com, www.sallepleyel.fr, www.daysoff.fr, http://twitter.com/#!/FestivalDaysOff, www.facebook.com/festivaldaysoff...


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/10/2011

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