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Endless Boogie

+ Axel and The Farmers
+ Mars Red Sky
La Maroquinerie (Paris)
27 novembre 2011

Voir en concert un groupe de la trempe d’Endless Boogie, ça fait diablement du bien. C’est la première fois que le public parisien a la chance de les voir dans une « vraie » salle. Ils avaient joué auparavant au Tunnel, un lieu insolite situé dans un parking où il fallait montrer patte blanche au vigile pour rentrer, ainsi qu’au Chiquito, bar sympathique du 20eme mais doté d’une cave minuscule. Si l’ambiance bar ou parking colle bien au style blues rock et psyché d’Endless Boogie, les voir dans une salle de 500 places, ça le fait aussi, qui plus est à la Maroquinerie, une de nos salles fétiches ! Ecouter Endless Boogie sur disque c’est une chose, mais les voir jouer, c’est carrément l’hallu. Ne serait-ce que la durée des morceaux qui est déjà un exploit en soi : 3 (ou 4) titres en 90 minutes, soit 1800 secondes par morceau. Et pendant tout ce temps, hé bien autant dire justement qu’avec Endless Boogie on perd toute notion du temps, on perd pied sur terre, et la tête est dans les nuages. Leur musique a cette force, cette ivresse sonore qui rendrait saoul n’importe quel clochard qui n’a pas encore eu le temps d’ouvrir sa première bouteille de la journée.

Endless Boogies c’est 4 musiciens chevronnés qui ont justement de « la bouteille ». A la guitare et au chant le leader « Patibulaire » Paul Major (surnommé Top Dollar) avec qui on aimerait jouer au poker, en mettant en jeu sa collection de vinyles. A ses côtés, le guitariste Jesper Eklow, le bassiste Mark Ohe et enfin à la batterie Harry Druzd ne sont pas en reste. Tous les quatre sur scène, c’est l’union pour servir au peuple bien heureux le meilleur du son blues rock, noise et psychédélique. A l’aise dans leurs baskets, les membres d’Endless Boogie jouent avec leurs instruments avec une aisance telle (digne d’un John Lee Hooker, auquel ils doivent leur nom de groupe), à dégouter tous les musiciens en herbe. Mais attention, avec eux, on n’est pas dans un cours magistral où l’on se sent largué. Non ! Certes Endless Boogie joue divinement bien, mais ils transmettent leur savoir faire sans aucune prétention. Chez eux c’est la cool attitude !
Leurs morceaux sont principalement instrumentaux, avec par instant le chant de Paul imbibé d’alcool. La force d’Endless Boogie est de jouer ENSEMBLE, et non pas chacun de leur côté avec son solo interminable. Endless Boogie est un groupe UNI qui se connait surement mieux que n’importe quel couple marié depuis une éternité. Alors qu’est-ce qu’on trouve dans ces titres joués façon bœuf entre potes ? Et bien un son lourd, parfois heavy, sale et beau à la fois. L’ambiance est très psyché, mais surtout pas planante. Leur style psyché est crade et sent la transpiration, l’alcool frelaté, le parfum d’un bar à putes. Leur blues sent la rue avant le passage du camion poubelle, sent les rats d’égout, sent la capote usagé, mais pas le dégout. Le rythme, le tempo est chez eux d’une efficacité plombante. A l’écoute des titres, on est pris dans une forme de transe psyché où l’on ne veut pas voir le bout du tunnel. C’est la balade urbaine en pleine nuit d’hiver. Ce groupe donne envie d’écouter, d’aimer le rock jusqu’à la fin de ses jours. C’est grâce à des groupes de cette trempe, que l’on sait pourquoi on aime le rock, et pourquoi aller en concert c’est vital. C’est, parait-il, dans les vieux pots que l’on fait la meilleure vinasse, eh bien il est vrai qu’Endless Boogie n’a pas inventé le blues, mais ils savent le pratiquer de manière implacable. On a beaucoup parlé des Black Keys , et bien faudrait peut-être aussi penser à causer des « affreux, sales et méchants » d’Endless Boogie. Si vous n’avez pas leurs disques, n’hésitez pas à le demander à la mère noël. Par contre on regrette que le soir du concert, le groupe n’avait pas dans sa valise des albums, car victime du succès de leur tournée européenne, ils avaient déjà vendu tous leurs disques.

Avant ce magnifique concert qui restera gravé dans la mémoire des personnes présentes, on a pu voir en première partie Axel and The Farmers et Mars Red Sky. Les français d’Axel and The Farmers nous ont donné une belle prestation rock au son dandy très anglais. Un mélange d’after punk et de pop indé, avec des mélodies efficaces et un chanteur habité. Leur premier album a d’ailleurs été produit par l’ex Ride, Mark Gardener). Belle surprise ! Changement de style avec les bordelais Mars Red Sky. Leur rock hardcore au son lourd et heavy est dans le genre assez efficace. Les fans d’Helmet et de Melvins ont surement dû être sous l’emprise de leur musique carré et net.

( Chronique de l’album Full House Head ici:)




www.myspace.com/endlessboogie

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 06/12/2011

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