22/06/2017  |  4830 chroniques, 161 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/06/2017 à 19:09:27
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Levitation

Le Chabada (Angers)
20 & 21 septembre 2013

Angers, ville tranquille des bords de Loire, réputée pour son bon vin et sa douceur angevine (aussi pour son passé de ville rock auprès des néophytes) s’est transformée le temps d’un week-end en un temple à la gloire du rock psychédélique grand cru 2013 avec la première édition du festival Levitation. Angers est jumelée avec la ville d’Austin (capitale du Texas), une ville qui réalise sur ses terres depuis 2008 le festival rock et psyché nommé Austin Psych Fest, avec en tête de gondole le groupe Black Angels. En tant que messager du courant psychédélique depuis 2008, les anges noirs sont donc venus dans notre grand ouest déployer leurs ailes avec pas mal d’oiseaux de « bon augure ».

Les festivités ont commencé le vendredi soir avec à l’affiche : The Black Angels, Night Beats, Tamikrest, Wall Of Death, Camera, Lola Cold et The Blondi’s Salvation. La messe s’est poursuivie le samedi dès 17 heures (juste avant la dégustation d’un bon Anjou blanc à l’apéro) avec Dead Meadow, Dead Skeletons, Damo Suzuki, Beak>, Temples, The Telescopes, The Ufo Club, Mars Red Sky, Strangers Family Band, Elephant Stone et Lonely Walk.
Les concerts ont lieu au Chabada, la salle angevine dédiée aux musiques actuelles située en périphérie de la ville en zone artisanale. Donc, pas de souci de voisinage. Le programme est réglé comme du papier à musique, les groupes se sont succédé d’une scène à l’autre : une scène extérieure, et l’autre dans la grande salle du Chabada. Entre les groupes, 15 minutes de battement, et hop, c’est parti pour des concerts non stop avec des groupes qui ne jouent pas au même moment, ce qui est un atout pour le public qui veut voir tous les groupes mais qui n’est pas une évidence dans la majorité des festivals.
Dans l’ensemble, les concerts n’ont pas déçu le public déplacé en très grand nombre (et des quatre coins de France et de Navarre, d’Espagne, Texas évidemment, ça baragouine dans toutes les langues, du rarement vécu à Angers). Les 2 soirées affichent complet. En 2013, le look et le comportement du public psyché/rock est plutôt sage. Très peu de looks exubérants, ni de gens défoncés aux substances illicites. Non, c’est plutôt bon enfant : on ne coupe pas la queue pour s’acheter son hamburger à la « baraque à frites ».
Les groupes se sont tous bien donnés. Certes, les concerts en salle avaient plusieurs avantages : superbes jeux de lumières psychés, un excellent son (sauf pour Beak>) et pas de risque de pluie. Nous n’allons pas détailler chaque concert, juste nos coups de cœurs.


Le vendredi, il y avait évidemment la belle prestation de Black Angels, même si on regrette le temps où le groupe jouait des morceaux plus psychés et plus longs. En 2013, le groupe joue dans un registre plus pop, avec des titres plus formatés. Mais comment résister à la voix unique d’Alex Maas ? Leurs petits protégés, les français de Wall Of Death nous ont également bien fait triper avec leur rock aux couleurs Pink Floyd 70. En formation trio, Wall Of Death est efficace et envoûte le public par leur musique hypnotique. En rappel Alex Mass et son guitariste viennent monter la température. Juste avant, le trio Camera nous a fait une belle prestation krautrock versus 2013. En effet l’ombre de NEU ! n’est pas loin, mais Camera n’a rien d’un clone en Super 8.


Sous une belle lumière psyché, le groupe touareg Tamikrest, dignes héritiers de Tinariwen, nous a fait traverser le désert du Sahara avec une musique qui mélange tradition africaine et blues rock. Avec eux c’est l’immersion, l’évasion vers le désert mais aussi en substance le rappel des souffrances des leurs à Kidal au nord Mali.

Une bonne nuit (entouré de copines), un « pur » marché de producteurs locaux pour se requinquer, une visite dans les quartiers historiques et authentiques d’Austin, heu d’Angers, et nous voilà prêt à passer un autre bon moment de live. On arrive juste au début du concert de Beak>. Difficile d’entrer dans leur musique kraut, à cause d’un son trop faible et l’impression de voir les 3 membres du groupe faire un bœuf entre eux. Et pourtant on sait à quel point ils peuvent être excellents pour les avoir bien appréciés encore récemment au festival BBMIX.


Changement de style avec The Telescopes. Ce groupe anglais qui a eu sa petite minute de gloire au début des années 90, réalise une musique noise lignée My Bloody Valentine. Il n’y a pas vraiment de morceaux, avec eux c’est plutôt l’expérimental chaos, mais avec une petite lueur de pop. Le chanteur (et seul rescapé de l’époque) est pendant tout le concert, soit à genoux, soit allongé au sol. Il est défoncé, mais ça colle bien au genre anglais « petite frappe ». A noter qu’un des guitaristes a joué dans le public pendant toute la prestation.


L’ex-chanteur de Can, Damo Suzuki a de la chance d’être une icône. Il peut venir dans une ville, les mains dans les poches et recruter sur place des musiciens fans et groupies du maître kraut. Ainsi avec lui sur scène, on a reconnu les membres d’Aqua Nebula Oscillator, Beak> et Dead Skeletons.


Les musiciens partent dans de l’impro, et le maître Damo chante et braille jusqu’à la transe. Si on est pris par la chose cosmique, c’est un pur trip à partager avec ses voisins. D’ailleurs dans le public, une fille se lâche et monte sur scène danser. Elle est prise par le démon de la transe !


Arrive « enfin » le moment tant attendu, le premier concert en France du groupe Islandais Dead Skeletons. Ce groupe a sorti en 2011 un magnifique premier album (Dead Magick), édité sur le label d’Anton Newcombe (Brian Jonestones Massacre). Dead Skeletons est emporté par le leader charismatique Jón Sæmundur Auðarsson. Cet homme est un sorcier voodoo. Tel un Chomo de l’art brut, cet homme est un artiste complet. Pendant que les musiciens installent l’ambiance sonore, Jón peint sur le coté de la scène. Après 5 minutes d’inspiration picturale (une tête de mort ?), il s’installe au milieu de la scène avec élégance et un aspect troublant.


Sa voix, sa prestance rappelle Andrew Eldritch de Sisters Of Mercy. Le style musical est un mix de sons gothiques et de psychédélique tribale. C’est tout simplement enVOOOOOOOOûtant. La messe horrifique de Dead Skeletons est un chant qui appelle à la danse des démons. On adore !


Après une telle transe hypnotique, et une heure du mat bien sonnée, va-t-on pouvoir entrer dans le concert du trio Dead Meadow ? Et bien oui ! Dead Meadow est également un excellent groupe de scène. Chez eux la formule du trio est employée à son plus haut degré d’efficacité. Guitare/basse/batterie en mode stoner et la voix en mode…indé pop. Les morceaux s’étirent dans des solos qui nous transportent cette fois loin, très loin... Bref, très bon final pour cette première édition. Espérons que l’on remettra ça l’année prochaine pour une seconde édition sous les artifices colorés du rock psychédélique à Angers city !
À bon entendeur.


Photos: Paskal Larsen


www.lechabada.com/
www.youtube.com/watch?v=IoAqRBdkmcY#t=22
www.youtube.com/watch?v=r7VRkVEnd7k

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 30/10/2013

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