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Elephant Stone

+ Abram
Espace B (Paris)
03 décembre 2016

C’est la troisième fois que le groupe canadien Elephant Stone passe à l’Espace B. Cette salle serait-elle le lieu de résidence parisien du groupe ? Pour rester dans le chiffre « trois », Elephant Stone a en poche son nouvel et troisième album qu’ils ont nommé Ship of Fools. Si la pochette reste dans la continuité des précédents disques, à savoir un visuel bien psyché, par contre la musique a changé. Elephant Stone avait dans le passé, l’art de bien mélanger mélodie pop avec envolée psyché, (leur premier album, « sans titre » en est un bel exemple), aujourd’hui avec leur nouveau disque, ils ont privilégié la pop au psyché. Malheureusement ce n’est pas la meilleure facette de la pop. Car ici la pop est plutôt « light/gentillette », parfois « poussive-héroïque ». C’est moins réussi que chez les Allah-Las et Temples (qui jouent le même soir au Point Ephémère pour les 40 ans du label Rough Trade). Est-ce le producteur Marcus Paquin (The National/Arcade Fire) qui est arrivé avec ses grands sabots ? Car une des particularités d’Elephant Stone est de jouer divinement bien du sitar. Malheureusement sur Ship Of Fools, l’instrument est peu utilisé, et quand on l’entend, il est souvent noyé dans la production trop clean. Dommage, car le titre Silence Can Say So Much est un bon morceau pour l’utilisation du sitar. On aurait aimé en entendre plus sur l’album. L’apport nouvel de la voix soul féminine n’est pas non plus très bien utilisé, à l’inverse de l’excellent double album Inner Journey Out de Psychic Ills. Dommage, la sphère Scremadelica de Primal Scream ne réussit pas à tous les coups. Le plus frustrant, c’est que l’album finit avec l’excellent Au Gallis, un pur titre psyché kraut très prenant. Comme je le disais dans ma chronique de Empires Of Shame de Frustration, le passage du troisième album est souvent casse gueule. Car le groupe ne veut pas se répéter (normal), il veut évoluer et parfois c’est au détriment de leur musique. C’est donc avec une certaine inquiétude que je vais en concert entendre sur scène les nouveaux titres.

Bon étant fan depuis le premier album, je n’ai pas la tête à être dans le négatif. En plus c’est samedi soir, je suis avec des amis, je croise des connaissances et la salle est cool, bref on est là pour passer une bonne soirée ! Soirée qui commence avec Abram, un jeune groupe rennais qui a bien assuré son concert. Leur psyché rock un peu heavy a de la foudre entre les doigts ! Une bonne rythmique qui fait plaisir à entendre. Bref la soirée commence bien.
Une pose bière et on arrive pendant la fin du changement plateau, avec le sitar en bonne place posé sur une table basse. La salle s’est bien remplie et hop extinction des lumières pour un voyage « stone » d’une heure. Bon « stone », j’exagère un peu, car la force pop a aussi attrapé le set live du groupe. Donc c’est un concert frais, poppy qui domine le style du groupe en 2016. Malgré tout par moment ça s’accélère pour donner du punch rock aux morceaux. De plus le groupe est tellement content de jouer, que le public lui répond en les acclamant. Mais c’est sans surprise, quand le chanteur quitte sa guitare et se met au sitar que la salle est aux anges. Car là rien à dire, tous le sens, le style d’Elephant Stone prend son envol ! Aux premiers rangs, c’est une marée (non pas noire mais colorée) de téléphones portables qui prennent les photos sur ce moment magique. Le bassiste, rigole et ne peut s’empêcher de prendre en photo cette situation cocasse, digne du festival de Cannes avec l’arrivée des stars. Ici c’est clairement le sitar qui porte le costar noir! On aura droit à un deuxième titre avec l’instrument, mais vu le succès, on aurait bien aimé en entendre plus. Aussi derrière la façade pop, il y a par moments quelques envolées de synthé au son vintage 70 du meilleur effet. Non tout n’est pas perdu ! Le groupe a de la classe et nous joue pas mal de moment assez prenant. Par contre en rappel, la reprise L.A. Woman des Doors, c’est un peu facile, mais c’est sûr, ça fait bouger le public. Comme quoi c’est souvent « dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ». Au final, sans être le concert de l’année, on a passé un moment bien sympathique. Par contre les Elephant, la prochaine fois que vous revenez à Paris, n’hésitez pas à être plus STONE.

Photo:@Paskal Larsen


www.elephantstone.ca/
fr-fr.facebook.com/ElephantStoneHQ/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 05/12/2016

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