19/10/2019  |  5245 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/10/2019 à 17:52:45
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-M-

+ Albin de la Simone
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 14 février

Après une semaine de répétitions à la Coopérative de Mai pour préparer une (très) longue série de concerts, -M- et ses musiciens ont brillamment démarré la tournée officieusement intitulée En tête à tête. Un peu stressé par une première - néanmoins réussie - le vendredi 13 février, Matthieu Chédid s’est complètement lâché pour la Saint Valentin avec un set fleuve de plus de deux heures et demie donnant envie de dire "Je t’aime" à la terre entière.

Peu avant 21 heures, c’est sous les acclamations que D.J. Shalom (platines, basse, batterie), Vincent Ségal (guitare, basse, violoncelle magique), Cyril Atef (batterie, percussions, platines, corps d’athlète) et Sébastien Martel (look de Phil Defer dans Lucky Luke, guitare, banjo, ukulélé, guitare slide, flûte) arrivent un à un dans le cœur de l’immense guitare rose qui trône en fond de scène. Derrière un rideau, -M- se profile alors en ombres chinoises avec sa guitare. Après cette mise en scène inaugurale faite pour marquer les esprits, le début du show est flamboyant et presque hard rock (3 guitares, sans oublier les poses qui vont avec) ; Mon ego est véritablement un titre parfait pour placer une soirée sur les bons rails. La Coopérative de Mai est par la suite plongée dans un Monde Virtuel grâce au maître de cérémonie survolté et à ses musiciens, à l’avenant. Dès le troisième morceau, -M- laisse la scène à Vincent Ségal pour l’intro du délicat La belle étoile et en profite pour quitter son costume blanc lamé, pour mieux revenir en arborant une magnifique veste noire avec col pelle à tarte scintillant.

Si -M- a choisi de ne pas se démasquer et de garder son pseudo ainsi que sa coupe de cheveux, il se dévoile de plus en plus dans ses chansons. Le nouveau spectacle permet de participer à des délires rock (Quand je vais chez elle, Je dis aime, Qui de nous deux), reggae (A tes souhaits, Manque de Q) ou électro rock (Psykobug) mais se fait aussi plus calme et pop (La corde sensible, Le radeau, Peau de fleur, Sous ta peau, La fleur). Le cartoonesque héros musical a gardé son exubérance scénique habituelle mais, désormais, il s’autorise plus régulièrement des moments intimes avec son public. Un morceau permet même de réconcilier les deux facettes du personnage : le lennonien Ma mélodie commence tranquillement avec -M- aux claviers, puis vers la fin du morceau, une guitare fusée descend du ciel - comme par magie - permettant à la star de la soirée de faire péter un solo d’anthologie dont il a le secret. Après ses désormais traditionnels solos en se roulant par terre, le guitariste émérite en profite une nouvelle fois pour réaliser le rêve de tout possesseur de six cordes ! Une petite suggestion pour la prochaine tournée : des feux d’artifices propulsés depuis le manche comme ceux utilisés par Brian May de Queen et… Didier Wampas, quand il est en forme.

On le savait déjà depuis ses débuts mais c’est toujours agréable à constater : dans un concert de -M-, la folie fait son apparition à intervalles (très) réguliers. Pour la tournée 2004, Mama sam est réarrangé façon électro, ce qui autorise le groupe à se lancer dans une chorégraphie boys band qu’il poussera encore plus loin sur Psyckobug, à la grande joie du public. Le groupe au complet improvise ensuite un morceau sur le rythme des applaudissements. Un peu plus tard, à la demande d’un fan impatient de "Rock ‘n roll" -M- improvise un rock puis invite un spectateur doué vocalement à pousser la chansonnette en yaourt. Puis, comme la veille, un musicien présent dans l’assistance est invité à jouer son gimmick à la guitare devant tout le monde, deux minutes de gloire avec le groupe au complet derrière lui… Pour que la communion groupe/public soit complète, de temps à autre des fans sont invités à monter sur scène pour s’asseoir sur les marches roses, cela se termine souvent en déhanchements hilarants derrière Matthieu.
Après l'interprétation de la B.O. des Triplettes de Belleville (avec trois masques assez hideux), cette soirée mémorable se termine par l’interprétation en solo de Machistador (version presque électro ce soir), de l’élégiaque Ton Echo et du très Byrds En tête à tête, le titre emblématique de la tournée selon Matthieu Chédid. C’est donc sur un morceau inédit ne figurant pas sur l’album Qui de nous deux que le groupe prend congé, sur une nouvelle pirouette réussie donc…

Toujours là quand il s’agit de faire partager son succès à ses amis (comme Franck Monnet en 2000 et Sébastien Martel en 2003, invités à faire leurs preuves en ouverture) , -M- avait invité cette fois ci Albin de la Simone à jouer avant lui. Comme l’a judicieusement remarqué un spectateur : "C’est quoi ça, c’est une première partie ?" Et oui, monsieur, certains artistes n’ont pas la mémoire courte et se souviennent de leurs débuts pas toujours faciles même si aujourd’hui des Zéniths complets se profilent à l’horizon… Albin de la Simone a donc pu bénéficier d’un public rapidement acquis à sa cause grâce à ses textes drôlement pince sans rire et à ses musique entraînantes ou mélancoliques. Accompagné par "Pascalou" (claviers, banjo, basse, chœurs) Albin de la Simone a sans doute donné envie à de nombreuses personnes de faire rapidement l’acquisition de son excellent premier disque. L’air de rien, -M- a fait preuve de talent jusque dans le choix de sa première partie, la classe…


www.qui2nous2.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 16/02/2004

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