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Thomas Fersen

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mercredi 3 décembre 2003

Tiré à quatre épingles dans son costume trois pièces, Thomas Fersen prend d’assaut la Coopérative de Mai avec son dernier single, l’entêtant Deux pieds. Telecaster en main, il chante nonchalamment cette ode à la paresse aux sonorités rock. Le public qui garni copieusement la salle va vraiment en avoir pour son argent, il va même passer une soirée de rêve… Par contre, c’est une nuit "conventionnelle" pour Thomas Fersen : il chante ses chansons singulières, le public jubile, un sourire aux lèvres. Mais sous ses airs de ne pas y toucher, Monsieur Fersen est une véritable bête de scène. En plus de chanter ses morceaux avec une superbe voix nicotinée, il se lance dans plusieurs numéros de danse, fait chanter le public, exécute un strip tease (veste, gilet, cravate), le tout en jouant une sorte de personnage drolatique.

Difficile de s’ennuyer avec un tel showman ! Le concert est réglé au millimètre et permet de passer des ambiances folk/rock à de longues digressions vers la fanfare rétro. Les musiciens, tous très bons, s’adaptent parfaitement aux arrangements signés Joseph Racaille pour les albums précédents. La chauve souris, Les malheurs du lion, Bucéphale ou Les papillons bénéficient donc d'un traitement aussi réussi que l’interprétation quasi intégrale du dernier album, une Pièce montée des grands jours qu’on a envie de savourer très souvent.

Evoluant en toute décontraction de la Telecaster au Ukulélé en passant par le piano, Thomas Fersen met parfaitement en valeur ses compositions accrocheuses aux textes bien troussés. Ces petites ritournelles magistralement écrites ont le côté direct de la chanson paillarde, elles possèdent toujours des atours surprenants, drôles et insolents. A moins d’être irrémédiablement coincé des hanches ou paresseux des zygomatiques, difficile de ne pas danser en souriant à l’écoute de cette enfilade de titres gouailleurs, crus et directs. L'ancien Gavroche de la place Clichy réussit à rester poétique en parlant de Borborygmes sans oublier d’être émouvant en évoquant sa jeunesse dans Né dans une rose ou Bambi.

Estimant exercer "un métier de service", Thomas Fersen se fait un devoir d’être généreux sur scène ; si les gens le réclament bruyamment ou continuent à chanter après son départ dans les coulisses, il revient toujours. Au cours de rappels nombreux et réjouissants, Vous, les femmes de Julio Iglesias et Marinella de Tino Rossi sont interprétées par un Fersen hilare au Ukulélé. Sans doute une manière de vérifier si son public a de l’humour. Certains voudraient que leur chanteur anticonformiste favori joue ses vieux morceaux dans une version identique à celle des disques sans s’autoriser de petits écarts, cherchez l’erreur ! Après l’interprétation de Saint-Jean-du-Doigt, une dernière occasion pour Thomas de danser frénétiquement sous les acclamations, le concert prend fin, plus de deux heures après son début. En quittant les lieux, le public de la Coopérative de Mai se dit qu’il a eu le privilège d’assister à un spectacle d’un Thomas Fersen des grands jours…


www.totoutard.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 03/12/2003

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