19/10/2019  |  5245 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/10/2019 à 17:52:45
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Morrissey

+ Sack
Olympia (Paris)
lundi 30 septembre 2002

16h30, il y avait amassés devant l’Olympia une cinquantaine de fans du Moz, la plupart ressemblant à des ersatz de Morrissey, lookés avec la banane, de longues pâtes rasées et vêtus de vestes en jeans. Un public plutôt « âgé » (en moyenne 25-35 ans) et venant de tous les horizons (Portugal, Grande Bretagne, Etats-Unis, Japon ?, et bien sûr de toute la France).
Il faut dire que le bonhomme n’avait pas foulé une scène française depuis 1992, une pancarte lui rappelant d'ailleurs que 10 ans, c’était trop long. Lui, répondit avec facétie que 10 ans « is a short time ».

Pour nous faire patienter, on eut droit en 1ère partie à un concert des revenants de Sack. Une mise en bouche sympathique, mais sans relief, qui fit surtout plaisir aux fans de pop du début des années 90, quand le groupe entonna son tube (enfin, tube pour les allumés de pop) What did the christians do ever for us. Emmené par un chanteur au physique atypique (un genre de Michel Jonasz aux allures de pilier de rugby, avec les bras de Joe Cocker), avec une bonne voix et un charisme empli de bonhomie, le groupe livra une prestation sympathique mais pas forcément inoubliable.

Dès la fin du concert, le public scanda le nom de Morrissey comme dans un stade de football. On dût prendre notre mal en patience en écoutant de vieilles chansons américaines sûrement sélectionnées par le Moz.

Puis vint le bruit des cloches et le groupe débarqua (toujours ses fidèles compagnons, excepté le batteur), suivis de Morrissey (imitant Quasimodo), acclamé par une foule en délire qui chavira de suite en entendant les premières notes de I Want The One I Can't Have (The Smiths).En tout cas, le mythe Morrissey est toujours vivant : arpentant la scène avec ses postures habituelles (jet du fil de son micro après l’avoir enroulé autour de son cou, s’accroupissant au bord de la fosse pour serrer des mains…), intervenant une multitude de fois entre les chansons avec des discours teintés de son ironie légendaire (même si toutes les interventions ne furent pas à la hauteur du personnage). De plus sa voix est toujours aussi présente et belle. On a retrouvé aussi un des rites du public : le lancer de glaïeuls sur la scène. Mais voilà tout ne fut pas parfait.

Commençons donc par distribuer les mauvais prix : tout d’abord le groupe qui l’entoure a très mal vieilli (surtout le guitariste Boz Boorer) : manque d’énergie, solos de guitare bien gras. C’est à se demander si c’est bien ce groupe qui a composé les magnifiques chansons de Vauxhall and I. De plus, les musiciens n’étaient pas aidés par un son médiocre. La plupart des nouvelles chansons (certaines écrites depuis très longtemps) présentées au public, que Morrissey n’arrive pas à publier sur une maison de disques (« I don’t care ») ne sont pas d’une grande qualité, mis à part part l’entrainant Irish blood, english heart. Ce qui fût d’ailleurs marrant lors de cette chanson c’est quand le Moz attrapa un drapeau de la Grande-Bretagne envoyé par le public pour essuyer négligemment sa transpiration (image très « elvisienne » et qui est peut-être une énième provocation envers l’Angleterre).
On peut être également déçu du fait qu’il n’ait pas joué un seul morceau de Your arsenal (un album pourtant fait pour les concerts).

Mais je vous rassure, il y a eu aussi de très bons moments avec les classiques Jack the ripper, November spawned a monster. Puis on eut droit à une version différente et intéressante du classique des Smiths Meat is murder.
Et la fin du concert fut magistrale avec l’efficace Speedway (enfin un titre de Vauxhall & I !) et en rappel There’s a light that ever goes out de The Queen is deadMorrissey lança sa chemise au public.

Malheureusement, alors que le concert commençait à monter en puissance, Morrissey arrêta son show. 1h30… c’est vraiment trop court. Mais bon, on pourra dire plus tard à ses petits enfants qu’on a vu le Moz. Et même s’il est peut-être temps de tourner la page, un grand merci pour tout ce que vous avez fait Monsieur Morrissey.

P.S : un petit coucou à une fan qui se prénomme Angela.

Set-list I Want The One I Can't Have / Suedehead / Little Man, What Now? / Hairdresser On Fire / The First Of The Gang To Die / Jack The Ripper / I Like You / Everyday Is Like Sunday / Sister I'm A Poet / Alsatian Cousin / Meat Is Murder / The World Is Full Of Crashing Bores / Late Night, Maudlin Street / November Spawned A Monster / Irish Blood, English Heart / Speedway // There Is A Light That Never Goes Out


www.vivahate.org

auteur : Nicovara -
chronique publiée le 01/10/2002

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire