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Triptides, Warmduscher, Flamingods (Garage MU Festival)

La Station – Gare des Mines (Aubervilliers)
11 juillet 2019

Le Garage MU est une assos, un collectif qui se trouve justement dans un ancien garage situé dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris. On a pu y voir (entre-autre) des concerts étonnants et intenses. Car, de parts l’espace réduit du lieu, la communion entre le groupe/artiste (KVB, KXP, Escape ISM/Ian Svenonius) et le public est à son apogée du live proche du corps qui donne des sueurs. Depuis 2016 le Garage MU est aussi un festival de trois jours qui a trouvé refuge à La Station Gare des Mines aux abords du périphérique à la porte d’Aubervilliers. Ce lieu est une ancienne gare à charbon de la SNCF, qui donne l’impression au spectateur d’être à Berlin avant l’envol du prix du logement. Si le lieu est sympathique, il faut noter que pour y accéder, il y a sur 100 mètres une zone un peu craignos à cause de l’installation de migrants sur le bord du périphérique avec notamment des personnes sous l’emprise du crack. Ainsi pour faire le trajet, il est mieux d’être accompagné, surtout quand on est une fille. Et venir en vélo, c’est mieux de bien repérer un bon endroit pour le garer, pour ne pas se le faire voler.

Pour cette troisième édition, événement Kraftwerk à la Philharmonie au même moment, nous n’avons fait que la première soirée, avec en ouverture le DJ résident Eric Stil et sa sélection rock post punk au top du top. La soirée concerts commence à 20h avec le groupe américain Triptides. Il fait encore jour, le soleil brille, bref l’esprit vacance en ce mois de juillet colle bien au style psyché pop sixties du groupe. Leur son aéré et cristallin, avec par moment des riffs garage est un régal sonore qui donne des ailes et l’envie de danser. Le groupe a une certaine classe avec son look d’étudiant sorti d’un campus époque 1975. On les verraient bien dans un épisode de la série The Deuse, surtout le batteur, car en plus d’être branché sur du 2000 volt, il a une tronche de tonnerre qui pourrais en faire le pote de Johnny Thunders. Bref, bon look, bon esprit (le chanteur a le sourire et parle un peu français – à noter que leur label RPUT est justement français-) et une belle musique estivale et intemporelle qui rend un bel hommage au son pop des années 60’s, Triptides a les atouts pour plaire au public.

Changement de style musical avec les anglais de Warmbuscher. Les membres de ce groupe jouent également dans d’autres groupes : The Fat White Family, Paranoid London, Insecure Men et Childhood, ce qui donnent entre eux une belle fusion thérapeutique. En avant-poste Craig Louis Higgins Jr, le chanteur bedonnant au chapeau texan qui a une énergie physique à la James Brown et Ben Romans-Hopcraft un bassiste qui frappe son manche comme un possédé fan des Bad Brains, Warmbuster compose une musique éclaté qui mélange punk rock, blues, P-funk, garage et balade du slip. Avec eux c’est la fête d’assuré, impossible de rester de marbre, à moins d’être sourd, aveugle et de ne pas être présent à la surenchère d’adrénaline et de testostérone que propose le groupe. Belle découverte qu’on vous recommande à voir en concert.

La soirée s’achève avec Flamingods un groupe britanno-bahreïnien installés à Londres. Il y a quelques semaines on vous a chroniqué leur nouvel album nommé Levitation. Si sur ce disque leur son pop nous fait penser à Temples et à Elephant Stone, sur scène le style est complètement différent, car très métissé. Leur musique mélange électro, psyché, musique du monde et punk pour une rave party en recherche de la pilule magique. Sa part dans tous les sens, sa fusionne d’intensité. Les musiciens changent continuellement d’instruments et sont au taquet. Quelque part pour l’esprit, entre le Scremadelica de Primal Scream, Asian Dub Fondation et Cornershop, l’énergie bon enfant de Flamingods met en un rien de temps le public dans sa poche. Soit la musique idéale pour finir la soirée sous les étoiles et le sable fin (il y en a un peu sur le site avec quelques transats).
Il est minuit, il fait nuit, il ne reste plus qu’à rentrer avec ses amis direction le tramway, en espérant de ne pas croiser un toxico halluciné.

Photo en intro: Tripides @ Paskal Larsen


lastation.paris/garagemufestival/
www.mu.asso.fr/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 15/07/2019

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